16 août 1915
Le 16 août 1915
Ma chère margot,
Je viens à l’instant de recevoir ta lettre du 12 et je m’empresse de te faire réponse heureux de vous savoir en bonne santé moi ça va bien mieux c’est bien embêtant que tu n’aies pas reçu ma première lettre encore j’espère que tu l’as maintenant et à partir de ce jour tu en auras une tous les jours alors ce ne sera pas la peine que je parle à Léon pour les fûts si tu les as nettoyés mais tu n’aurais pas dû le faire c’est guère ton travail il ne faut pas que tu fasses des travaux de ce genre. Tu me dis sur ta lettre que tu penses bien que je ne t’ai pas oubliée. Loin de là il ne se passe pas une heure ni même une minute sans que ma pensée soit parmi toi. Je serais heureux de savoir le résultat de la vache de Nitray. Elle n’est pas grasse mais je pense qu’elle ne tombera pas jaune. Elle n’est pas grasse mais je pense qu’elle pèsera 400 kg ? elle fera 70 (…). Si tu peux en vendre à Erpins et envoyer un derrière à Paris il ne devra pas perdre. Tu me donneras le résultat de tout cela. Maintenant pour la vache à la mère Audion de la Boulay si tu te rappelles quand tu lui as demandé elle a dit qu’elle en avait une mais qu’elle voulait attendre pour la vendre plus chère à Léon qu’à moi. Elle a du vice (…) certainement qu’elle aura du la vendre le prix j’en serais heureux d’en savoir le résultat. C’est une femme qui connaît bien son affaire maintenant espérons que le marché ne sera pas mauvais. Tu ne me dis pas le prix qu’elle est achetée. Dans ta prochaine tu me le diras, tu me diras le résultat du veau au Drux il devait être blanc comme du poulet et ce n’est pas la graisse qui lui manquait non plus.
Comme par hasard j’ai eu la visite de Robin ils sont à environ 10 kms de nous et il est venu avec le ravitaillement il est venu nous trouver au cantonnement j’étais loin de penser à lui ça m’a fait plaisir. Aussitôt arrivé il a cassé la croûte et nous avons fait un petit tour il n’a pas engraissé lui non plus. Enfin il se porte bien c’est le principal. Il ne sait pas quand il partira en permission Je lui ai donné un bout de rillettes il était heureux.
Ma chère amie je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur. Ton petit mari qui t’aime pour la vie et qui ne t’oublie pas.
E. Vallet
Embrasse bien fort petite Suzanne, Henriette et tes deux parents pour moi. Aussitôt que tu auras les photos n’oublie pas de m’en envoyer ;
Mille baisers de ton petit homme qui t’aime pour toujours.