13 décembre 1915

Publié le par Alain

Le 13 décembre 1915

 

Ma chère margot

 

En réponse à ta lettre du 10, très content de savoir que tu as reçu mes lettres, car je te le répète je t’écris absolument tous les jours et tu dois recevoir comme moi je reçois les tiennes tous les jours. Content de vous savoir tous en parfaite santé. Moi, ça va très bien aussi. J’ai écrit à Henri et à sa femme, sa lettre partira en même temps que la tienne. Pour la vache de la mère Delétang, je te disais bien qu’elle ne passerait pas 500. Je le savais mais je n’avais pas assez de temps pour faire mieux. Enfin partout ailleurs la même qualité, certainement qu’elle aurait coûté plus cher. Aujourd’hui il commence à geler et j’espère que ce temps-ci continuera et qu’à Athée se sera la même chose et que tu pourras la conserver, et également le veau à Pierrot. Il faut retirer le gras et le faire fondre. Il est passé de très mauvais temps cette semaine pour la viande, j’espère que tu seras plus tranquille cette semaine.

Ma chère petite amie, je suis à  t’écrire à l’abattoir au poste de police car je prends la garde de minuit à 2h. Je vais avoir le temps pendant ces deux heures si longues de transmettre ma pensée auprès de toi. Je vais guère dormir cette nuit mais je me rattraperais demain dans mon petit lit que je suis si heureux d’avoir. Je t’affirme que c’est de brave gens. Plus tard, si tu veux, tu m’enverras un colis par la gare dans lequel tu me mettras quelques bouteilles de vin pour leur faire goûter. Il m’on dit qu’après la guerre de leur en envoyer. Ils sont des quantités de parents qui sont débitants dans le pays et certainement que plus tard, je pourrais le faire et que j’aurais avoir une remise, il n’y aura pas de sot métier ce qui rapportera et ce que je pourrai faire, je le ferai pour pouvoir gagner des sous. Elle veut me donner un caleçon dans le genre des gilets que nous avons touché. Tu n’as jamais vu pareille bonté. Je tacherai de le conserver et de le renvoyer aussitôt le froid passé. Tu pourras en juger. Ma chère petite Margot je ne vois rien autre chose à te dire pour aujourd’hui. J’attendrai demain le plaisir de te lire pour pouvoir te faire réponse.

Ton petit mari qui t’aime et qui t’embrasse de tout son cœur

E. Vallet

Embrasses bien petite Suzanne et Henriette et tes parents.

Ton petit mari qui va s’étendre sur la paille en attendant minuit l’heure de prendre la garde.

Encore mille gros baisers et à demain. Il est 9h

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