17 janvier 1916

Publié le par Alain

Lundi 17 janvier 1916

 

Ma chère Margot

 

Je te fais réponse  à tes deux lettres du 11 et du 12 ; très heureux de vous savoir tous en parfaite santé, moi ça va très bien pour le moment et j'espère que la présente vous trouve tous de même. Tu ne dois pas te trouver surprise de ne pas recevoir tous les jours. Je t'écrirai tous les jours quand nous serons dans un endroit stable ; peut-être sera-t-il dans deux ou trois jours.

Moi j'ai reçu toutes tes lettres sans exception jusqu'à ce jour. Comme je t'ai déjà dit, le colis contenant les 5 œufs et la demi-livre de beurre, le tout en très bon état.

Je ne sais si Monsieur Courquin ( ?) a reçu mes lettres : je leur ai écrit et j'en ai pas eu encore de nouvelles. Peut-être que j'en aurai ces jours-ci, demain je l'espère. Tu me dis que Léon a acheté une vache chez Pasquier à Nitray. Je ne me rappelle plus de la grosseur de la bête, enfin pour le prix elle doit valoir de l'argent. Pour la vache à Gerbier de Gâtinelle, elle n'a pas grande valeur, elle ne vaut pas plus de 150 f le maximum : c'est une vache qui n'a aucune qualité et pas de viande, et ce n'est pas les gens pour la mettre en état. C'est une bête que l'on paierait en temps de paix de 50 à 60 f pas plus. Léon a du recevoir la lettre que je lui ai envoyée.

Tu dois avoir des renseignements à ce que le Père Lecomte a dit à Léon. Comme tu dis ça ne pouvait durer. Enfin que veux-tu, c'est la vie, pour le reste tu dois savoir.

Je n'ai pas encore les lettres d'aujourd'hui, peut-être que j'en aurai ce soir il est maintenant 3h du soir.

Ma chère Margot, en attendant le plaisir de te lire je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que petite Suzanne et Henriette.

Ton petit mari qui t'aime pour la vie.

E.Vallet

 

Embrasse bien tes parents et grand-mère Rousseau.

Encore mille bons baisers et à demain.

 

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Publié dans blogduboucher

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