18 février 1916

Publié le par Alain

Le 18 février 1916

Ma chère margot

 

En réponse à tes deux lettres du 5 et du 16 très heureux de vous savoir tous en parfaite santé, moi ça va bien pour le moment. Je trouve étonnant que tu ne reçoives pas mieux mes lettres, cependant je t’écris maintenant tous les jours sans exception. Je vois avec plaisir que ça te tardait de m’acheter cette montre j’aurai bien attendu encore, enfin ce que tu as fait est très bien. Maintenant puisque tu l’as achetée je préfère que tu me l’envoies, beaucoup de chez nous en ont reçu comme cela. Tu pourras la mettre dans une petite boite bien ficelée et la mettre à la poste en la recommandant, je préfère la recevoir un jour plus tard et être couvert. Puisqu’elle est achetée elle me sera plus utile de l’avoir que d’être à ne rien faire il faut qu’elle travaille comme les copains, il faut qu’elle fasse la guerre comme les poilus, qu’en penses-tu ?

Moi je ne sais pas quand je retournerai en permission, si le troisième tour recommence, j’espère que je ne serais pas des derniers partants, maintenant je ne sais si elles auront lieu, personne n’est si avancé que Massacre, il connaît tout et ce qu’il ne connaît pas on en ferait un grand livre. Il est toujours fourré aux marmites c’est bien son rôle, je t’affirme que c’est cependant guère agréable aussi si on l’a placé là certainement c’est qu’on l’a trouvé trop propre pour faire l’abattoir. Je le vois tous les jours, mais nous avons pas grande conversation ensemble. Je le laisse bien dans sa propreté. Tu me feras savoir aussitôt que tu auras reçu ton colis. Pour le chocolat que j’ai emporté je le donne à Madame Courquin elle fait de la crème au chocolat pour moi et pour eux, et à partir d’aujourd’hui je mange chez eux, et je préfère, car nous étions revenu à 5 à manger au café alors il y a dans le nombre qui sont très aisés et qui se livrent à des dépenses que je ne peux pas faire. Ils achètent toute espèces de choses tous les jours qui conduisait à 1,75f à 2f par jour, une fois en passant ça va mais tous les jours, j’aurais jamais de sous dans ma poche. Comme nous étions tous deux avec mon cabot, nous dépensions environ 15 sous, quelques fois plus, mais en général 15 sous, alors comme cela je serai plus tranquille et ça fait plaisir à Monsieur et Madame Courquin, c’est plutôt des parents que je saurais oublier, si tu as un moment envoies de temps en temps une carte à Yvonne, et également à eux aussi, ça leur fera un grand plaisir. Je ne sais si je t’ai parlé que j’avais une compagnie pour coucher. Pendant mon absence il est venu du renfort chez nous alors il y a deux hommes qui sont venus demander à coucher, alors Me Courquin bonne femme, leur a dit Messieurs j’avais un militaire de chez vous qui couchait ici, certainement qu’il ne sera pas long à revenir, maintenant je veux bien vous coucher, mais je réserve le droit de vous dire que s’il revenait qu’il reprendrait sa place, ou alors que si ça ne faisait rien qu’il en resterait un à coucher avec moi, alors aussitôt arrivé, ils m’ont présenté le garçon, l’autre était déjà parti et moi je leur ai dit que ça me faisait rien qu’il reste et en effet c’est un charmant garçon. Il est d’Angers il n’est pas boucher il est menuisier, naturellement qu’il ne fait pas l’abattoir, il est employé à différents travaux mais très gentil garçon et très propre. Il est marié aussi et père de deux petites filles aussi, il a un an de plus que moi, je ne suis pas malheureux de ce point de vue là. Tu vois que si il  a resté que c’était à mon gré. Tu vois les gens, ils assez rare de comme cela (sic). J’ai écrit à Henri, j’écrirai à Adolphine et également chez nous. Je suis très heureux que tu ais eu la visite de ce brave camarade Pépeau. A lui tu aurais pu lui donner la montre, je l’aurai toujours trouvé. Tu as peut-être pas pensé à cela. Heureux d’apprendre la meilleure santé du père Sylvain. Ici comme à Athée des temps abominables, il pleut tous les jours.
Ma chère Petite Margot je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que petite Suzanne et henriette. Ton petit mari qui t’aime pour la vie.

E. Vallet

Embrasses tes parents et grand-mère Rousseau

Le camarade est couché il me réchauffe ma place

Mais tu pourrais venir la réchauffer aussi

A demain le plaisir de te lire tu vois si je t’ai causé longuement aujourd’hui je suis bavard

Encore mille bons baisers

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Publié dans blogduboucher

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