23 février 1916
Mercredi 23 février 1916
Ma chère Margot
Je suis très heureux que tu reçoives mes lettres tous les jours et très content de vous savoir en bonne santé. Tu as bien fait d’envoyer la montre dans le nom de Mr et Madame Courquin. Aussitôt reçu je te le ferais savoir, en effet je crois que Monsieur Pépeau sont parti, tu as mieux fait de faire comme cela. Tu me demandes si je mange à leur table en effet je vais chercher mon ordinaire et je l’apporte, si ça ne me plait pas je mange autre chose, ce qui me fait plaisir, je ne leur donne pas 75c par, si ça me plait d’acheter quelque chose je l’apporte et nous le mangeons ensemble. Je suis seul à manger mon cabeau mange avec d’autres camarades, comme je t’ai déjà dit je ne suis pas malheureux. Tu devrais avoir reçu ton colis maintenant, ça m’embête bien, j’espère que tu m’annonceras l’arrivée demain, ça m’ennuierait s’il était perdu. Le (…) est revenu en permission, s’il ne va pas te voir ce n’est pas dérangeant, ce n’est pas le même garçon que Mr Pépeau. Tu me dis que Léon a acheté la taure (?) à Foucher c’est-il 300 ou 360f, car tes chiffres ne sont pas trop bien faits, tu me diras lequel des deux dans ta prochaine, tu penses que si j’avais été là ça aurait été autrement avantageux enfin que veux-tu simplement les conserver, plus tard je tacherai de rattraper ce qui est perdu. Peut-être que je retournerai dans un mois.
Ma chère Margot en attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants
Ton mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Embrasses tes parents
Je ne sais pas si à Athée il fait comme ici mais il ne fait pas très chaud pour le moment il y a environ 40cm de neige et ce soir il gèle très dur je crois que si ça ne change pas il y en aura pour longtemps.
Encore mille bons baisers et à demain