13 mars 1916
Le 13 mars 1916
Ma chère Magot
Je te fais réponse à tes 5 lettres deux d’hier et 3 trois (…) les deux d’hier datées du 8 et du 9 et aujourd’hui du 6 10 et 11 alors celle du 11 n’a mis que 2 jours enfin très heureux d’avoir tout reçu le colis (…) comme je t’ai dit hier, mais tu ferais pas mal de m’envoyer de l’argent le plus tôt possible nous sommes revenus au port peut-être pas pour longtemps du moins je ne pense pas nous nous (…) encore et certainement que nous serons encore un certain temps sans avoir de correspondance alors ça serait bien embêtant que je n’aurai pas d’argent. Je ferai comme par le passé pour te donner des renseignements à ce sujet. Tu pourras m’envoyer un colis en même temps et tu feras le plus vite possible de façon à ce que ça me parvienne avant notre départ, tu vois la lettre du 11 n’a mis que deux jours alors je pense que tu auras la mienne dans 3 jours alors le 18 je pourrais avoir une réponse. Nous sommes cantonnés dans une ferme nous sommes assez bien nous couchons dans une grange nous avons assez de paille c’est le principal. J’ai deux couvertures je n’ai pas chaud mais je (…) Comme je t’ai déjà dit plusieurs fois j’ai bien reçu tes 5f du 4, ici le vin vaut 1,50. Si j’ai l’occasion de voir Coco ça me ferait plaisir mais je ne crois pas maintenant il aurait fallu que j’aurai eu son adresse un mois plus tôt, peut-être aurais-je l’occasion de le voir tout de même. J’oubliai de te dire de m’envoyer une douzaine de pierres à briquet car par ici il est difficile d’en trouver et elles sont très chères 4 sous pierre. J’ai rencontré Pépeau mais nous avons eu simplement le temps d’échanger un bonjour il passait avec son régiment je l’ai suivi un peu il m’a donné le bonjour de ta part il m’a dit qu’il avait été te voir (J’ai oublié de lui demander s’il t’avait embrassée et si tu l’avais invité à coucher à tes cotés).
Pour Henri s’il te demandes un colis tu n’as qu’à lui envoyer et lui donner le prix puisqu’il te le réclame. Je ne sais pas mais il y a bien des chances que si les permissions recommencent que je ne m’arrêterai pas à Paris enfin pour l’instant je sais pas quand elles reprendront. Je suis plus heureux d’apprendre que le Sieur Léon est plus gentil à ton égard. J’espère qu’il continuera. Ton petit mari qui t’aime et qui t’embrasse bien fort ainsi que les enfants.
E. Vallet
A demain le plaisir de te lire