18 mars 1916
Le 18 mars 1916
Ma chère margot
En réponse à ta lettre du 15 très heureux toujours de vous savoir tous en très bonne santé moi ça va très bien pour le moment et je souhaite que cette lettre vous trouve de même, certainement qu’il y a des lettres que tu n’as pas reçues car depuis le 9 je t’ai fait plusieurs lettres à part les cartes. Sur une je t’avais dit à la prochaine occasion de m’envoyer quelques paquets de tabac brun car il est assez difficile d’en trouver par ici tu pourrais m’ajouter un paquet de cigarettes ça me ferait plaisir. Maintenant je te fais des lettres tous les jours, j’espère que tu les reçois maintenant tous les jours. Comme je t’ai dit hier j’ai reçu ton billet de 5 francs, mets-moi si tu veux un petit rôti de veau ça changera et du beurre si tu peux en trouver c’est bien pratique surtout si on a quelque chose à faire cuire. Oui en effet j’ai envoyé une carte à la tante Vincent, je n’ai pas l’occasion de trouver ce que je lui avais promis, je le trouverai peut-être. Comme tu dis c’est malheureux de voir des citoyens comme Mr Raimbault et Cie, des gaillards très forts et être chez eux tous les jours ils pourraient à leur tour venir nous remplacer, ça n’arrivera donc pas ça serait un grand bonheur ils ne causeraient pas si bien qu’ils causent à l’heure actuelle. Ca viendra peut-être. Tu me demandes quel travail que je fais, mais toujours la même chose, je tue tous les jours et le ravitaillement. Il fait tous les jours beau temps et je pense qu’il en est de même à Athée.
Ma chère margot en attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon coeur ainsi que Petite Suzanne et Henriette qui je pense sont toujours très gentilles.
Ton mari qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
Embrasses tes parents pour moi
Demain le plaisir de te lire te de t’écrire. Au revoir.