24 mars 1916

Publié le par Alain

Le 24 mars 1916

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 22, toujours absolument heureux de vous savoir tous en parfaite santé moi ça va toujours assez bien pour le moment. Je n’avais pas de lettre hier, aujourd’hui j’en ai qu’une, mais elle est datée du 22 elle n’aurait mis que deux jours, elle a été très vite si les miennes pouvaient aller comme cela ça serait très gentils. Je m’aperçois qu’à Athée la température est à peu près la même qu’ici. Aujourd’hui nous avons pas été trop heureux car nous avons tué toute la journée sous la neige et nous tuons de très gros bœufs pesant de 600 à 1000, alors pour porter les quartiers à 20 mètres environ, et les monter ensuite dans les autos (…), que c’était un fort travail surtout sur la terre humide, on fait un pas en avant et deux en arrière et depuis bien plusieurs jours comme cela. Je me demande quand ça finira, car pour l’instant c’est trop de travail et surtout à faire dehors, enfin nous avons eu des jours meilleurs, nous en aurons peut-être d’autres du moins je l’espère, maintenant écoutes le corps commence à y être fait et nous endurons nos fatigues et nous recommençons le lendemain de plus belle. Pour l’instant je ne fais absolument que l’abattoir et tous les jours Monsieur Massacre est toujours employé à ramasser le (…), il ne tue plus, il est toujours pareil aussi propre que par le passé. Comme je t’ai dit j’ai bien reçu ton colis et son contenu et les 5f. Voilà plusieurs fois que je t’ai dit que j’avais une réponse de chez moi, c’est à moi maintenant de leur faire réponse, écoutes je n’écris pas à grand monde, car je suis assez heureux le soir, après manger d’aller me coucher. J’ai reçu une lettre de Monsieur et Me Courquin, ils me demandent si toute la famille est en bonne santé je leur écrirai demain ou d’ici quelques jours ça leur fera plaisir. Je n’ai pas eu la visite de Robin, je crois qu’il a cependant mieux le temps que moi et surtout qu’il peut venir à cheval, et moi je suis obligé d’y aller à pieds alors après des journées comme maintenant ce n’est pas possible. Ma chère Margot, j’espère que malgré ma fatigue, j’ai eu le courage de m’entretenir assez longuement avec toi si j’écrivais plus gros j’en aurai certainement 4 bonnes pages.
En attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants. Ton mari qui t’aime pour la vie.

E. Vallet

 

A demain le plaisir de te lire et de te répondre embrasses tes parents et grand mère Rousseau

Encore mille bons baisers

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Publié dans blogduboucher

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