31 mars 1916
Jeudi 31 mars 1916
En réponse à ta lettre du 28 toujours deux jours ça va très bien pour le moment il faudrait que ça continue toujours de cette façon moi je suis content que tu reçoives les miennes aussi et régulièrement c’est plus agréable des deux cotés. Aujourd’hui j’ai eu la visite de Robin il est arrivé avec un camarade vers 10h ils ont été vaccinés c’est ce qui lui a permis de venir plus librement, je n’ai pas pu être longtemps avec lui, parce que j’étais en plein travail il m’a dit qu’il tacherai de venir demain soir pour dîner avec moi, ils ne pouvaient rester car ils avaient une revue à midi, il a vu le maître Pontoire je l’avais dans mon équipe comme commis, il était obligé de marcher plus vite qu’il aurait voulu, tous ils ne savent pas bien travailler surtout faire très vite et bien, rien qu’un quartier de 63kl il avait beaucoup de peine à le monter en auto, ils voudraient bien tous repartir et nous nous travaillons tous autant que s’ils n’étaient pas là, enfin la santé pour moi est très bonne je pense que ma lettre vous trouvera tous de même. Pour les permissions je ne sais pas si elles reprendront, je pense pas de sitôt. Pour ce que tu me demandes je ne sais pas, peut être six mois au plus. J’ai reçu ton colis contenant ½ de beurre et un saucisson je te remercie beaucoup. Pour les enfants tu sais ce que tu as à faire ton organisation est très bonne. Tu me dis que tu as une botte de cresson je suis heureux de ta bonne pensée mais nous sommes parfois à même de pouvoir en ramasser dans des petits cours d’eaux, il ne faut jamais envoyer de chose qui ne puisse se conserver, car ça serait de l’argent de perdu.
Ma chère Margot je ne vois pas grand-chose à te dire aujourd’hui, nous serons peut être partis dans deux jours, continue toujours comme par le passé.
Je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants
Ton mari qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
A demain le plaisir de te lire et de te répondre
Au revoir et bonne santé à tous