12 avril 1916

Publié le par Alain

Mercredi 12 avril 1916

 

Ma chère Marguerite

 

Je t’ai simplement mis qu’une carte ce matin parce qu’il m’était impossible de faire autrement je n’avais pas eu de lettre depuis le 29. Je commençais à trouver le temps rudement long surtout que je recevais tous les jours et ça me faisait 12 jours sans recevoir je commençais à trouver je te le répète le temps très long de toute façon d’abord ne connaissant rien de votre santé et deuxièmement je n’avais plus de sous heureusement que dans les 5 lettres il y  avait celle du 1er qui contenait un billet de 5 francs, qui je te jure m’a fait grand plaisir car je n’avais plus que douze sous, j’allais être obligé d’emprunter et ça m’ennuyait beaucoup, tu m’en enverra le plus tôt possible nous dépensons environ ça de 0,75 à 1f mais nous nourrissons très bien et c’est déjà là le principal, j’ai également reçu tes deux colis dont l’un contenait les rousserolles un morceau de pâté et 3 petits rillons, le tout en pas très bon état mais nous avons pu le manger tout de même, les rousserolles je les ai mis réchauffé et nous les avons trouvées excellentes les œufs n’étaient plus bons je les ai jetés l’autre reçu en même temps contenant un pâté est très bon nous en mangeons à tous les repas comme entrée il est très bon, le tout est arrivé les lettres je te remercie beaucoup. Je m’en vais te dire pourquoi nous avons été 12 jours sans lettres le parc est parti à St Juste et nous sommes restés à 4 équipes 20 bonhommes pour ravitailler la 152e division et nous pensions rester que trois jours et peut être y seront nous encore quinze jours. Il faut que tu adresses mes lettres secteur 166 et en cas d’absence secteur 64, de façon à recevoir mes lettres tous les jours comme avant, de toutes façons si nous venions à rejoindre les autres elles ne mettraient qu’un jour de plus, tu me diras dans ta prochaine lettre si tu as envoyé d’autres lettres depuis le 3 au 7 c'est-à-dire je n’ai pas le 5 ni le 6 et depuis le 7 rien, peut être aurai d’autres demain, je le voudrais bien. Jusqu’à la nouvelle adresse ça n’ira pas si bien, Monsieur Massacre n’est pas avec nous il est reparti. Il fait un temps abominable tous les jours depuis quelques jours il pleut et le travail est à peu près toujours le même, nous tuons toujours dehors. Pontoire est reparti également avec le détachement peut être qu’il la rejoint sa formation. En effet on apprend toujours des décès, c’est très malheureux et malheureusement ce n’est pas fini. J’ai appris aussi le décès de ce pauvre Père Firmain, qui m’a touché car c’était un bon bonhomme pour moi et durant ma jeunesse, je ne suis pas content d’Antoinette je leur ai écrit en demandant des nouvelles et je n’ai jamais rien reçu, c’est mes parents qui me le fait savoir. Ma chère Margot je continuerai demain en réponse à tes 5 lettres car je te ferai un trop grand journal et ça me procurera demain de te causer plus longuement. Ton mari qui t’aime pour la vie et t’embrasse mille fois de tout son cœur ainsi que les enfants.

 

E. Vallet

 

Embrasses tes parents et grand-mère Rousseau

Un grand remerciement à Madame Fessant et à son mari et bien le bonjour.

Je suis en très bonne santé et désire que cette lettre vous trouve tous de même

Au revoir et à demain le plaisir de te lire

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Publié dans blogduboucher

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