22 avril 1916

Publié le par Alain

22 avril 1916

 

Ma chère margot

 

Je te fais réponse à trois lettres reçues aujourd’hui du 15 du 17 et 18 très heureux d’avoir des nouvelles pas trop vieilles J’ai également reçu ton colis et son contenu le derrière de lapin et un morceau de saucisson et un petit morceau de beurre, je te remercie ça m’a ait bien plaisir car notre vie est bien maigre maintenant, tu feras bien de m’en envoyer le plus souvent possible. Nous sommes maintenant dans la misère il n’y a plus de maison debout et en plus de cela dans la boue jusqu’au derrière, jamais je me suis vu dans un pareil état et encore nous sommes des préférés, car tout le monde couche sous les guitounes dans les champs ou dans les bois, nous nous avons un grenier, dans lequel il y a des rats gros comme des lapins mais ça fait rien on est mieux que sur la terre. Nous sommes à 10km de Clermont en Argonne, nous y allons tous les jours chercher de la viande congelée et les marmites y tombent tous les jours c’est à 8km du front aujourd’hui ils ont commencé à bombarder à midi nous y étions encore ils ont envoyés 19 grosses marmites, qui ont tombé à 100 de nous nous sommes rentrés à 2h. Je suis bête je ne devrais pas te dire tout cela, dans tous les points de vue si ma lettre était décachetée, ça me coûterait de la prison et les tranchées. Tu veux que je te raconte tout, tu vois bien dans le cas que je me mets. Ecoute ne te tourmentes pas car je ne te dirai jamais rien. A part cela je suis en bonne santé et je pense que ma lettre vous trouvera tous de même. Ma chère margot avant de terminer ma lettre je viens de recevoir ta carte une vue du pays qui m’a fait bien du plaisir et ton mandat de 10f dont je te remercie beaucoup. Comme je t’ai déjà dit plusieurs j’ai bien reçu ton billet de 5f. Tu me dis que tu n’as pas reçu mes vieilles lettres comme je t’avais dit j’ai été 5 ou 6 jours sans t’écrire simplement envoies deux cartes (…) je m’attendais toujours à un autre changement certainement que nous serons peut être bien un mois ici après un (…) nous maintenant je m’arrangerai à t’écrire tous les jours.
Ma chère Margot tu me demandes toujours des renseignements que je ne peux te donner, tu vois je risque cette lettre, tu me diras si tu l’as reçue.

Ma chère Margot je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.

Ton mari qui t’aime pour la vie.


E. Vallet

 

A demain le plaisir de te lire

Quand tu m’enverras envoies moi un colis de tabac et des pierres à briquet n’oublies pas. Car je suis malheureux comme tabac du bœuf et papier à cigarettes

Au revoir à demain le plaisir de te lire

Publicité

Publié dans blogduboucher

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article