10 juillet 1916
Le 10 juillet 1916
Ma chère Margot
Je te fais réponse à ta lettre point datée certainement qu’elle doit être du 7 enfin ça fait rien la santé est bonne c’est le principal moi ça va aussi.
Je trouve étonnant que tu ne reçoives pas mes lettres car je t’écris tous les jours. Je suis été un jour sans t’écrire par suite de travail je te l’ai fait savoir je ne me rappelle pas du jour, ça arrive pas souvent car aussitôt que j’ai un moment c’est pour te faire une correspondance. Tu me parles de Massacre il est toujours le même les permissions ne sont pas supprimées mais il en part maintenant que 6 à la fois, alors ça ira beaucoup moins vite certainement que Massacre n’ira pas avant un mois un mois et ½ . A moi je suis très heureux d’y avoir été et de vous avoir vu tous. Maintenant je ne compte plus que ma permission définitive mais quand sera t’elle nous le savons pas les opérations vont très bien de notre côté espérons qu’elles continueront. Maintenant pour Henri je ne crois pas qu’il soit encore parti car j’ai reçu une carte d’Adolphine aujourd’hui me disant que sur sa dernière carte il était toujours à la même place. Maintenant je n’ai pas eu d’autres nouvelles lui, elle me dit qu’elle ne t’avait pas encore répondu, faute de travail mais que ce n’était pas faute de penser à toi.
Ma chère Margot je n’ai plus de beurre quand tu auras l’occasion d’en avoir tu m’en enverras car ça me fait manger et bien commode si l’on veut faire cuire un œuf ou autre chose. Moi écoute pas grand chose me plait surtout que je ne peux manger ni soupe ni bœuf. Je me porte bien tout de même.
Ma chère Margot en attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.
Ton petit mari qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
Embrasse le papa et la maman Vincent