13 juillet 1916
Le 13 juillet 1916
Ma chère Margot
En réponse à ta lettre du 12 pour les vaches si tu vas à Tours tu pourrais voir chez Guabeau (…) de la (…) ça pourrait des fois bien t’arranger comme elle est seule aussi et moi elle me connaît très bien puisque j’ai travaillé chez eux. Tu pourrais y aller avant d’aller ailleurs et tu lui donneras le bonjour de ma part et lui demanderas des nouvelles de son mari je l’avais vu comme nous étions dans le secteur de Verdun je ne l’ai jamais revu depuis elle t’en donnera des nouvelles par la même occasion. Je viens t’apprendre que j’ai demandé à sortir de la charcuterie par suite d’une discussion que j’ai eue avec le cabot il a un très sale caractère je ne pourrai le souffrir alors j’ai dit à l’adjudant que je voulais rentrer dans une équipe à l’abattoir alors l’adjudant a pris cela pour blague alors je le lui ai répété en lui disant que je ne voulais plus rester avec une grosse bête comme Gauthier et que c’était sérieusement que je lui disais cela. Alors aujourd’hui je suis rentré dans une équipe je travaillerai peut être plus fort mais ça m’est parfaitement égal je l’ai fait pendant vingt mois je le ferai bien encore. Je te tourmente point à ce sujet là ce n’est rien. La santé est toujours bonne c’est le principal et j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même j’espère que petite Suzanne est complètement rétablie
J’oubliais de te dire que tes rillettes sont excellentes alors ça m’a fait grand plaisir même qu’il n’y en a plus je leur ai fait honneur.
Ma chère petite Margot en attendant le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants. Ton mari qui t’aime pour la vie
E .Vallet