07 novembre 1916
Le 7 novembre 1916
Ma chère Margot
En réponse à ta lettre du 5 les lettres vont très bien maintenant je reçois régulièrement. Moi ma santé est bonne et voudrais que vous soyez tous de même mais malheureusement ce n’est pas le cas, tu ne me parles pas de la santé du Papa, tu aurais cependant pas en l’oublier, c’est bien embêtant que je n’ai pas de nouvelles, j’espère malgré cela qu’il ne va pas plus mal tu me l’aurais dit. Ma chère Marguerite tu me dis que ça te surprend beaucoup que l’on m’ai répondu que je ne pouvais aller avec mon frère, tu vois maintenant ça ne s’arrange plus comme cela, si moi, j’aurai été dans le génie comme mon frère, lui dans le 5ème et moi au 6ème ou 7 ou 8 ou 9 etc ça aurait été facile voilà deux ou trois mois mais maintenant ce serait peut être impossible, un père mais non un frère maintenant tu me dis le Poitevin il était certainement tous deux dans les régiments, sans cela ils ne seraient pas revenus ensemble et il faut appartenir à la formation dans le génie, il y a que des hommes qui ont fait le (…) dans le génie. Je me suis intéressé en conséquence et je verrai encore et je te rendrai réponse ensuite mais pour l’instant inutile de te tourmenter nous sommes toujours au parc à bétail et nous avons pas d’ordre de partir ils ont toujours besoin de nous. Tu me parles de Massacre voilà certainement plus de 15 jours que je lui ai pas causé, il est toujours employé à la triperie et moi à l’abattoir, maintenant moi voilà 10 jours que je fais la gare en remplacement de Marié un boucher de Tours qui était parti en permission, je ne sais si je continuerai il doit rentrer demain ou après, je te ferai savoir si je continue.
Pour Madame Massacre tu n’as pas besoin de lui parler de cela si nous devions partir, il partira plutôt avant moi qu’après. Oui parfois dans notre chambre à coucher nous ne pouvons pas tenir une lumière allumée par suite du vent mais aussi je me suis muni d’une petite lampe électrique, le vent ne peut pas l’éteindre, ceux qui sont dans les tranchées ne sont pas encore comme nous ils n’ont pas de tuiles au dessus de la tête pour les abriter, ils auraient plutôt des marmites pour les couvrir donc nous y sommes habitués et nous nous estimons heureux, malgré que nous pourrions être beaucoup mieux. Espérons que je me trouverai comme M. Coco en permission mais il y aurait plus de chance un mois après. Ma chère Margot en effet il y a des hommes comme la fille à Mr Foucher mais chacun doit savoir ce qu’il a à faire. Ton mari qui t’embrasse mille de tout son cœur ainsi que les enfants
E. Vallet
Et surtout n’oublies pas de me donner des nouvelles du Papa