15 novembre 14
Je viens de recevoir ta 3ème lettre du 9 novembre et les deux billets de 10f, je reçois toutes tes lettres, je le vois maintenant que tu les numérotes, tu me dis que tu viens d’en recevoir 3 de moi celle du 27-29-30 alors tu as à recevoir encore du 3 et 6 et 9 du 10 et celle-ci du 11, alors tu as encore 5 à recevoir en comptant celle-ci.
Ma chère Marguerite je vois que tu te tourmentes et que tu te donnes trop d’ennuis, il ne le faut pas, (…) penser que les boniments que peux me donner Léon ne me tourmente pas beaucoup, je sais très bien et malheureusement pour moi, qu’il te fait beaucoup de misère, je te jure que je me représente bien tout ce qui se passe moi à chaque fois que je lui écrit je tâche toujours de le flatter de façon à le rendre plus aimable à ton égard, mais malheureusement je crois bien que ça ne lui fait pas grand-chose, écoute je ne suis pas toujours heureux moi non plus de penser à tout cela, et malheureusement je ne peux rien faire que d’attendre avec impatience la fin de cette triste guerre, à l’heure actuelle il fait des temps affreux, il commence à faire très froid, il pleut tous les jours, aujourd’hui il tombe de la neige.
Ma chère Marguerite je vois que mes parents ne sont pas très gentils pour toi, cependant je leur ai écrit d’aller te voir de temps en temps, écoute laisse les tranquilles, moi je ne suis pas pour vivre avec mes parents, je suis pour vivre avec toi et mes meilleures amitiés sont pour toi, je te le jure, si j’ai le bonheur de revenir parmi toi et bien nous nous arrangerons du mieux possible, sans leur demander leur avis, je te le jure je ne veux pas que tu te tourmentes encore pour ce sujet là, je te le répète du fond de mon cœur, mes meilleures amitiés sont pour toi mais je voudrais que tu te donnes mois d’ennuis.
Ma chère Marguerite voilà tout simplement ce que mon père m’a dit, je te le mets dans la lettre.
Je te le répète je ne veux pas que tu te donnes des ennuis pour cela et si tu as quelque chose à demander tu me le demanderas à moi, et nos ferons comme on pourra. Je voudrais bien que tu ne cure pas le cheval, ce n’est pas ton travail, tu en as assez à faire comme cela, laisse cela tranquille quand il ne pourra plus rentrer dans l’écurie il pensera peut être à nettoyer sans que tu me raconte tout cela je le pense bien, si c’était facile de se passer de lui, je lui aurait déjà envoyé une lettre qui ne l’aurait guère contenter, mais malheureusement il faut souffrir avec ce moine là, et c’est toi qui souffre malheureusement.
Surtout ne t’occupe pas de tous ces boniments que l’on peut dire je sais très bien qu’il y en a pas à faire sur toi et que moi on pourrait m’en faire sur toi, que je ne ferai pas attention, on arrivera jamais à me monter le coup.
Ma pauvre enfant ne te tourmente pas de tout cela, je sais malheureusement pour moi que tu ne fais plus que tu peux, surtout fais bien attention à ne pas tomber malade.
Je termine ma chère Marguerite en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que Suzanne et Henriette qui je pense sont toujours très gentilles.
Je pense que le Papa Vincent va bien mieux, et que j’aurai le bonheur de le revoir complètement rétabli.
Ma chère Marguerite embrasse bien ton Papa et Maman et grand-mère de ma part et à bientôt la plaisir de te lire.