21 novembre 1914

Publié le par Alain

Poperinge le 21 novembre 1914

Ma chère Marguerite
 

Je viens de recevoir ta lettre du 15 et je m’empresse de lui faire réponse, je suis très heureux de vous savoir tous en bonne santé, quant à moi, ça va plutôt un peu mieux mais les temps ne sont pas très bons, quoi, maintenant, le temps est plus sain, il fait très froid mais il ne tombe plus de neige, nous venons de toucher un gilet de laine, ça me rend grand service car on l’endure bien maintenant, je ne sais pas si je verrait le colis envoyé par le chemin de fer, mais je n’y compte plus maintenant, je n’ai pas de ceinture de flanelle mais je n’y tiens pas car je trouve que ça me sert trop le ventre. Je n’ai pas froid au ventre c’est plutôt aux pieds et à la tête, un passe montagne c’est une chose que je trouve plus nécessaire, car comme tu le sais je suis très sensible aux oreilles, mais heureusement pour moi je n’ai pas encore d’engelures, et je te garantis que je n’y tiens pas. Surtout n’oublies pas de me mettre du papier à cigarettes car c’est très difficile d’en trouver ici et il est très cher, le tabac est un grand (…) pour nous, j’entends parler en faisant ma lettre que nous devons toucher une paire de chaussettes demain à 7 heures du matin, alors tu vois que nous allons pas être malheureux si ça continue, tout cela ne fait pas croire que c’est la fin de la guerre malheureusement.

Robin est toujours ici, nous avons dîner ensemble avant-hier, il est comme nous il ne sait pas le temps qu’il restera là, je ne crois pas que nous y serons longtemps maintenant, il m’a fait voir la lettre que la Maman Vincent lui a envoyée, il m’a dit qu’il leur a fait réponse avant-hier étant au ravitaillement. Ils ont été partis un jour ½. Comme je te l’ai déjà dit j’ai reçu les 10f que tu m’as envoyés, mais il ne m’en reste plus guère, surtout que je devais 5 francs sur cette somme et malgré que j’en dépense le moins possible simplement pour le nécessaire une pièce de 5 francs est bientôt dépensée, surtout que nous en gagnant pas beaucoup 1 sous par jour, avec cette solde on peut se payer dans le courant de la journée, un café ou autre chose pour se réchauffer, si tu peux m’en envoyer d’autre ça me rendra service. Je reçois toutes tes lettres maintenant et tu peux le voir, surtout que je fais réponse à toutes les tiennes et en supplément je te donne les dates de celles que tu as recevoir, alors tu as encore celle envoyée le 15, 19 et celle-ci 21 qui te fait 3 à recevoir, aussitôt le colis reçu je te le ferais savoir.

J’ai écrit à Léon hier, et je lui ai mis de quoi faire une ou deux cigarettes de tabac belge, je pense qu’il sera heureux. Papa m’a écrit qu’il lui avait dit, qu’il ferait d’y rester jusqu’à la fin de la guerre, et moi il me l’a dit du moins j’ai bien du te le dire dans mes lettres.

Ma chère Marguerite je termine en t’embrassant de tout mon cœur ainsi qu les petites Suzanne et Henriette qui je pense sont toujours très gentilles.

Ton petit mari qui t’aime pour la vie

 
E. Vallet
 

Embrasse bien le Papa la Maman Vincent et grand-mère bien des fois de ma part.

Et je pense que le Papa va de mieux en mieux et surtout bien faire attention à ce qu’il n’attrape pas de froid.

Ma chère Marguerite, à bientôt de tes nouvelles je voudrais en avoir tous les jours.

J’oubliais de te dire, je pense rester toujours à la section maintenant et malgré que nous avons beaucoup de travail, je préfère rester là, nous sommes plus à la bail des balles.

Au revoir ma chère Marguerite et bonne santé à tous et à bientôt la plaisir de te lire

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Publié dans blogduboucher

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