05 mai 1915
Le 5 Mai 1915
Ma chère Marguerite
Je fais réponse à ta lettre du 1er mai. Je suis très contente de savoir que tu reçois mes lettres assez régulièrement, j’espère que cette lettre te trouvera complètement rétablie.
Je suis toujours en très bonne santé mais je ne suis pas si bien couché maintenant, j’ai couché pendant 21 jours dans un lit, et maintenant je couche dans un hangar, dans une voiture. Ca change nous sommes à Blangy sur Ternoise, tu n’auras qu’à t’intéresser tu verras où nous sommes, probablement que nous y seront pas longtemps, maintenant je te mets cette lettre à la boîte civile de façon à ce qu’elle te parvienne beaucoup plus tôt, demain, je l’espère. Je te remercie des cinq francs que j’ai reçus en même temps que ta lettre.
Si tu m’envoies un colis envois moi en même temps un gilet ça sera moins chaud que mon gilet de laine mon gilet de laine me servira pour faire l’abattoir, d’abord il est complètement usé. N’oublie pas de me mettre mes lunettes de moto car maintenant derrière les autobronzants avalons beaucoup de poussière de notre dernier voyage j’ai encore les yeux fatigués, tout le monde en a acheté puisque j’en ai ce n’est pas utile que j’en achète d’autant plus que ça chargera pas vraiment le colis. Tu feras bien attention de bien les envelopper qu’elles ne casse pas. Pour les chaussettes, je n’en ai pas besoin pour le moment. Comme je te l’ai dit j’avais bien reçu le colis de la gare et tous son contenu.
Ma chère Marguerite je termine en t’embrassant de tout mon cœur ainsi que les petites filles et tes parents.
Ton mari qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
A demain le plaisir de te lire et d’apprendre que tu est en bonne santé
Je pense que la santé de papa Vincent va assez bien tu me le diras dans ta prochaine
Embrasse bien grand mère Rousseau