10 mai 1915

Publié le par Alain

Le 10 Mai 1915

 

Ma chère Marguerite

 

Je suis très heureux d’avoir de tes nouvelles très fraîches. Je fais réponse à ta lettre du 8 reçue hier soir 9. Ce n’est guère possible qu’elle n’est mis qu’un jour à venir tu as certainement avancé la date la mienne est datée du 10 mai, mais elle ne partira maintenant que le 11. C’est très ennuyeux que vous ne receviez pas mieux que cela, tu as une dizaine de lettre à recevoir moi je reçois bien toutes les tiennes pourquoi tu me dit pas si ton rhume va mieux si tu en est complètement rétablie tu ne m’en parle jamais et le papa Vincent comment va t il, je pense que cette lettre vous trouvera tous guéris.

Nous en ce moment nous restons pas souvent en place, nous changeons souvent et je croit que ce n’est pas fini surtout si on retourne les Boches chez eux. Ca ne sera peut être pas toujours très agréable. Surtout que maintenant qu’il va faire chaud ça sera pour trouver à boire  et c’est le principal, comme nourriture on tachera de se munir de petites conserves. Nous sommes réunis tous maintenant les autres sont revenus nous trouver cependant nous aurions préféré rester détachés d’abord on est mieux pour la nourriture et en un mot pour tous.

Ecoute : vivement la fin de cette guerre car je te jure que je commence à en avoir assez. Je voudrai bien voir la fin du dernier Boche.

J’ai donc vu Monsieur Moreau le banquier de Bléré et le commis à Ferdinand Duchene  tu le connais bien  les parents  à  Besnard il avait eu les fièvres et a été convalescent ensuite il est revenu au dépôt et maintenant il est au 66  comme boucher de compagnie, il ne sera pas malheureux, ils se trouvaient dans notre contrée nous les avons quittés hier. Tu ne m’étonnes pas en me disant qu’Henriette est toujours partie. Suzanne était la même à son âge, si elle cherche toujours à manger c’est bon signe c’est qu’elle a bonne appétit. La grand mère Rousseau pourrait les emmener toutes les deux, tous les matins ça te ferait un grand débarras et ça occuperait la grand mère Rousseau.

Ma chère Marguerite j’attendrai tantôt le plaisir de te lire. J’ai reçu des nouvelles de Adolphine en même temps que te lettre je n’ai encore pas écrit à Madame Boissé et Cie. Je n’aime plus écrire. Je n’écrit même pas chez moi. Tout me dégoûte.

 Il y a qu’à toi que j’écris régulièrement tous les jours. Ma chère Marguerite je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants et tes parents.

Ton mari qui t’aime pour la vie.

 

E. Vallet

 

J’attendrai avec impatience le résultat de cette bête.

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Publié dans blogduboucher

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