15 mai 1915
Le 15 Mai 1915
Ma chère Marguerite
En réponse à ta lettre du 10 qui m’a fait plaisir d’apprendre que vous étiez en bonne santé moi ça va bien pour le moment. Je ne t’ai pas écrit hier car j’étais absolument trop fatigué je te donne l’emploi du temps réveil le matin 2 heures départ pour l’abattoir à 2h½ rentrer à 6 heures pour repartir à une gare voisine à 20 km pour aller chercher de la viande congelée retour de la gare à 4 h ½ nous avons casser la croûte et ensuite nous sommes repartis à l’abattoir rentré de l’abattoir à 9 h j’étais heureux d’aller me reposer car enfin j’étais très fatigué, il y avait 10 minutes que j’étais tombé sur la paille que l’ont vient me chercher pour prendre la garde de 10 h à minuit tu vois quelle triste journée pour moi heureusement que ce n’est pas tous les jours pareil car ça serait impossible de faire une travail comme cela . Espérons que nous aurons des jours meilleurs plus tard.
Comme je t’ai déjà dit je reçoit toutes tes lettres mais toi sûrement que tu ne doit pas recevoir toutes les miennes hier 14 je n’avais rien J’espère en avoir une cet après midi
Tu me dis que Léon est allé à la foire et qu’il a emmené la jument au May c’est rudement malheureux de voir cela traîner un cheval pour aller ce promener, à vivement que ça finisse.
Ma chère Marguerite je ne vois plus rien à te dire pour le moment
J’ai écrit à Mme Boissé et au père Silvain J’écrirai probablement ces jours au chauffeur de Nitray.
Je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants et tes parents.
Ton mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Tous les jours je vais à la gare, presque tous les jours, je vois Pontoise et Robert j’ai vu Fillon nous avons cassé la croûte ensemble et nous avons acheté 3 harengs et nous nous régalés tu le diras à tes parents et tu leur donneras le bonjour de ma part. Je t’écris avant de partir à la gare je pense les trouver forcément nous prenons un verre ensemble.
J’ai déjà sérieusement attaqué la réserve et cependant je ne fais pas abus de rien que le nécessaire ce n’est vraiment rien une pièce de 1 francs. Espérons que ce ne durera pas longtemps maintenant si tu veux savoir ou nous sommes à Bruay tu chercheras sur la carte au retour de la gare le plaisir de te lire
Embrasse la grand mère Rousseau pour moi.