22 juin 1915
Le 22 juin 1915
Ma chère Margot,
Je viens de recevoir ta lettre du 18 et je te fais réponse aussitôt. Si tu trouves à vendre ma motocyclette, il faut le faire autant que possible si tu peux la vendre 400 F, toujours le moins 300 F. A 300 F je n'y perdrais pas car j'estime qu'elle m'a bien rendu 100 de service depuis que je l'ai dans ma possession. Si j'en veux une autre après la guerre, ce ne sera pas difficile à trouver et pas trop cher. Fais pour le mieux, et ce que tu feras sera bien fait. Maintenant elle a besoin d'une petite réparation; les gens le verront bien, elle a besoin d'une chaîne et une roue [……trou sur la pliure de la feuille : manque une ligne………….] à l'occasion je m'en servirai bien comme elle est, elle a une enveloppe derrière de 1ère qualité qui est toute neuve. Les chambres à air toutes neuves également, une courroie en caoutchouc toute neuve aussi, même il me semble que je dois quelque chose à Arnault : peut-être cette courroie et probablement un nettoyage. Vends-la si tu peux, tu feras pour le mieux.
Maintenant la santé est bonne et je souhaite que ma lettre vous trouve tous de même. Je t'écris tous les jours tu dois avoir une lettre tous les jours. Les tiennes ne mettent que trois petits jours ; elles sont toutes très régulières. Si il pouvait en être de même de ton côté ça irait de première. Maintenant pour le colis que tu m'as annoncé hier dans la lettre du 17, je ne l'ai pas reçu, probablement que je l'aurai demain. Maintenant j'oublie de te dire que si tu vends ma moto, reçois l'argent, il ne faut pas d'acompte car le reste pourrait être perdu. On ne sait pas à qui on a affaire. Comme tu dis Monsieur Léon a fait bénéficier d'une pièce de 20 francs sur le veau à Mme Martin, cependant je ne pense pas qu'elles aient changé leur façon de soigner ! Que veux-tu, on est obligé d'endurer cela et ne rien dire en ce moment-ci, on est forcément obligé de passer sur bien des choses. Espérons que plus tard nous aurons moins d'ennuis et des jours meilleurs, mais nous ne saurions pas dire [……..même trou….]. Ma chère Margot je vois avec plaisir que tu as une bonne organisation : toutes les semaines faire ses comptes, chose que nous aurions du toujours faire.
Ma chère Margot je termine ma lettre en t'embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.
Ton petit mari qui t'aime pour la vie.
E. Vallet
A demain le plaisir de te lire et de vous savoir en bonne santé.
Embrasse bien tes parents pour moi, et dis-moi si tu reçois mes lettres tous les jours.