14 août 1915

Publié le par Alain

Le 14 août 1915

 

Ma chère Marguerite,

 

Ne te tourmente pas au sujet des lettres, nous pouvons nous écrire comme par le passé nous pouvons cacheter les lettres. C’est une grande joie pour nous car nous mettons des choses personnelles que personne n’a besoin de savoir C’est notre seul grand plaisir. J’ai acheté des Léthéné pour mon estomac pour me faire faire (…) mon manger. J’espère que d’ici quelques jours je me trouverai plus à l’aise toi tu devrais en acheter aussi pour toi et les deux petites c’est une chose que nous devrions prendre toute l’année moi maintenant je serai obligé de le faire, je me portais si bien depuis toujours  bien deux mois maintenant j’ai l’estomac complètement détraqué! Ne te tourmente pas pour cela, j’espère que je me rétablirai facilement. Ma chère Marguerite, je viens à l’instant de recevoir ta lettre du 10 très heureux de vous savoir en bonne santé. Je suis très content que tu aies reçu ma carte Arthur aurait été bien en peine de me voir car nous étions déménagés et voyageons. Nous sommes dans une grande ferme je crois pour longtemps Nous sommes dans un grand grenier mais très propre nous y couchons aujourd’hui pour la première nuit et je crois que nous serons pas mal. Nous nous sommes construit des lits comme des lits de régiment avec 4 morceaux de bois et 3 sacs et nous sommes heureux mais je ne serais pas encore si bien que si j’étais à tes côtés, tu dois le penser mais que veux tu espérons que nous serons pas si longtemps que nous avons été, mais je voudrais que tu te donnerais pas d’ennuis comme tu le fais. J’espère te revoir avec meilleure mine et beaucoup plus forte, il ne faut pas que tu t’engages à faire ce que tu ne peux pas faire comme le nettoyage des fûts. Ce n’est pas toi qui qu’il faut qui fasse cela pour attraper du mal. Si Léon ne veut pas le faire, tu n’auras qu’à payer un café  au commis du père Vincent, il le fera bien. Et puis je tacherai d’écrire à Léon ces jours ci alors je lui dirai de le faire. Je lui dirai que tu lui feras voir les fûts à nettoyer, je voudrais pas que tu fasses tout ce genre de travail tu as déjà trop à faire sans cela. Je pense que tu m’écouteras et que je te retrouverai avec les cheveux moins blancs car il t’a fallu trop de misère pour que tu aies des cheveux blancs.

Sur ta lettre tu me dis qu’il fait des temps orageux, il en est de même ici. Je crois que c’est général  partout c’est des temps bien ennuyeux pour les récoltes et pour les boucheries.

Ma chère Margot tu me dis que tu pouvais pas prendre le dessus de mon départ. Au contraire il te fallait te rendre plus heureuse puisque tu savais que si j’étais pas venu en permission, que tu m’aurais pas de sitôt, beaucoup de femmes ne verront jamais plus leur mari. Tu m’as vu et j’espère que tu me reverras. Il nous faut beaucoup de courage et j’espère que nous nous reverrons avant 6 mois. Alors tâche d’avoir de l’espoir du courage et pas d’ennui, nous vivrons heureux. Tu dois penser que moi je ne suis pas heureux. De savoir que tu fais que de pleurer, et que tu ne manges pas, alors je compte sur toi pour ne plus t’ennuyer et pèse toi tous les mois et tu me diras le poids que tu pèses. Je verrai si tu mènes la même vie. Je suis plus heureux que Léon soit plus gentil. Espérons que ça continuera.

Ma chère Margot je vais m’arrêter là je continuerai demain car je n’y vois plus clair. Je termine en t’embrassant  mille fois de tout mon cœur ainsi que petite Suzanne et Henriette.

Ton mari qui t’aime pour la vie et de tout son cœur

 

E. Vallet

 

Embrasse le papa la maman Vincent et grand-mère Rousseau. Je tacherais d’écrire à Cormery ces jours ci. Au revoir et à demain le plaisir de te lire mille baisers

 

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Publié dans blogduboucher

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