23 août 1915
Le 23 août 1915
Ma chère Marguerite
Aujourd’hui très heureux j’ai reçu deux lettres une du 19 et l’autre du 20. Vous êtes en bonne santé j’en suis très heureux moi ça va bien aussi. Sur ta lettre du 19 tu me dis que je t’ai dis que j’avais dîné à l’hôtel le 10 en effet j’ai dû me tromper c’était le 11. Je n ‘ai pas regret car nous avons bien mangé. Ça ne m’arrive pas souvent mais une fois de temps en temps c’est aussi bien que d’aller boire 2 francs de vin dans un café qui vous fait plutôt du mal que du bien. Pour le veau au Pierre Le Drux ça m’étonne qu’il ne soit pas tombé blanc car je pensais au contraire qu’il allait tomber blanc comme du poulet. Maintenant ça m’étonne beaucoup qu’il pesait 249 livres je le croyais pas de ce poids là, et je trouve drôle aussi qu’il ait perdu 49 kilos à la mort. Il aurait dû perdre que 30 kilos surtout un veau de qualité cependant ils n’ont pas l’habitude de ne pas livrer la marchandise après avoir mangé, c’est peut être qu’il y a eu une erreur, enfin puisqu’il n’a pas perdu c’est le principal. Je suis toujours très heureux car je vois que tu as toujours en bonne façon d’organisation. Pour la vache à la mère Ardion, il ne faut pas se plaindre elle ne devra pas perdre, demain j’aurai probablement le résultat. Tu me demandes notre organisation pour l’instant nous sommes pas mal nous vivons sous un grand hangar nous sommes bien installés mais loin du cantonnement nous sommes pas très loin du pays pour le lever au coucher nous pouvons nous lever à 3 heures comme à 9 heures suivant le travail maintenant pour le coucher c’est 8 heures. Il peut arriver également que nous ne ferons que de finir notre travail à cette heure ce n’est pas toujours pareil. Tu me dis sur ta lettre du 20 que tu n’as pas de cochon tu pourrais je crois facilement chez Lomonier à Reignac tu sais que par plusieurs fois j’avais été en chercher c’est des cochons de laiterie mais tu pourrais c’est payé beaucoup moins cher et pas de commission tu pourrais toujours essayer tu verras ce que tu as affaire. Ma chère amie, nous partons au travail je suis obligé de m’arrêter je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur
Ton petit mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Au revoir et à demain le plaisir de te lire