25 août 1915

Publié le par Alain

Le 25 août 1915,

 

Ma chère Marguerite

 

Aujourd’hui très heureux deux lettres une du 21 et l’autre du 22. Ils viennent presque tous les deux jours enfin je reçois  tout c’est le principal. Pour ton commerce en effet les battages vont commencer il te faudra garder plus de bœufs à la boutique si tu pouvais savoir les battages que tu aurais dans la semaine et une semaine d’avance tu pourrais te prendre le supplément de viande qu’il te faudrait pour ta semaine mais en tout cas ça serait bien ennuyeux d’en manquer pour les batteries.

Je sais très bien que tu sauras bien t’organiser. Pour la vache à la mère Ardion il ne faut pas se plaindre ce n’est pas du mauvais travail. Il faudrait en avoir toutes les semaines comme cela. Mais comme tu dis c’est très difficile à trouver enfin tu feras comme par le passé du mieux que tu pourras. Tu penses toujours à nos 7 jours de bon, moi aussi espérons bientôt que nous en aurons une autre mais que celle ci ne sera pas de 7 jours qu’elle sera libérable ça sera vraiment plus beau. Je crois que tu dois être de mon avis. Pour l’instant vivons sur l’espoir.

Ma chère amie je suis plus tranquille pour t’écrire aujourd’hui parce que comme je te l’ai dit hier j’ai un furoncle au genou et j’ai été à la visite et le major me l’a incisé et m’a fait grand mal. Mais c’est un mal pour un bien ça me rendra indisponible peut être deux ou trois jours et ensuite je reprendrai mon travail. Ne te tourmente pas pour cela ce n’est pas une maladie c’est probablement l’effet de mon estomac qui pourra faire venir cela. Je te dis cela simplement pour te dire tout ce qui se passe en ma personne comme toi tu le fais puisque c’est notre seul bonheur. Je n’ai pas encore écrit à Cormery. Je ne sais pas si je le ferai ce soir encore enfin ce n’est pas si pressé qu’à toi. Je t’écris absolument  tous les jours. Sur ta lettre du 22 tu me dis que monsieur Massacre est chez lui en effet tu n’as pas besoin de te déranger si il peut venir il viendra il t’embrassera pour moi tu l’inviteras à passer deux nuits avec toi. Ça te tenterait il ?  Réponse.

Tu me parles pour la prédiction du capitaine Harisson je ne sais pas mais je crois bien qu’il est comme nous espérons que ce qu’il dit se réalisera.

Ma chère amie en attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur

Ton petit mari qui t’aime de tout son cœur et toute la vie.

E. Vallet

 

Embrasse bien fort petite Suzanne et Henriette ainsi que tes parents et grand-mère Rousseau

 

Au revoir et bonne santé.

 

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Publié dans blogduboucher

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