26 août 1915
Le 26 août 1915
Ma chère Marguerite,
Je fais réponse à ta lettre du 22 mais qui est plutôt du 23 car comme je t’ai dit hier les deux étaient datées une du 21 et l’autre du 23 c’est pourquoi que je crois que celle ci est du 23 peut m’importe c’est que vous soyez en bonne santé. Moi je souffre de mon furoncle c’est parce qu’il se trouve mal placé sur la noix du genou. Je me tiens la jambe raide et je l’ai enflée. Ce qui me fatigue le plus c’est le matin en allant à l’ambulance c’est fort loin c’est ce qui me fatigue le plus. Mais tu n’as pas à te tourmenter pour cela tu sais bien ce que c’est ça fait souffrir mais ce n’est pas dangereux. Naturellement que je ne vais pas au travail et d’autant plus que je ne peux pas marcher. Ça me permet donc d’avoir plus de temps de t’écrire. Peut être que j’avais oublié de te dire que j’avais en effet un cahier et un paquet d’enveloppes les deux petites serviettes c’est suffisant quand j’en aurai besoin d’autres je te demanderai. Pour trouver des œufs et du lait c’est facile mais les œufs ils sont fort chers : 20 centimes la pièce je paie de temps en temps. Je t’avais demandé à ce que tu m’envoies de l’argent. Si tu peux il ne me reste plus que 5 francs je t’avais demandé à ce que tu m’envoies 20 francs de façon à avoir un peu d’avance si c’est possible. Tu feras comme tu pourras.
Maintenant que voilà les battages partis ça te donnera beaucoup plus de travail.
Ma chère amie tu seras assez aimable de me donner le résultat de la vache de Cigogné. Léon a dû recevoir une lettre je lui ai écrit voilà 4 à 5 jours. J’espère qu’il est plus gentil à ton égard.
Marcel Poitevin a une veine particulière d’avoir 13 jours pendant ce temps il pourra gagner de l’argent, tant mieux pour lui.
A chère petite Marguerite, je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants
Ton petit mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Embrasse tes parents et grand-mère Rousseau et à demain le plaisir de te lire
Fait le 26 partira le 27
Au revoir et bonne santé.