30 août 1915
Le 30 août 1915
Ma chère Margot
Je viens de recevoir deux lettres une du 23 et l’autre du 25 qui me font grand plaisir et en même temps une d’Adolphine. Je reçois toutes tes lettres mais bien souvent deux à la fois. Mais je t’écris également tous les jours. Tu reçois encore plus mal que moi, comme je t’ai déjà dit j’ai reçu les 10 francs mais c’est embêtant les postes sont partis et peut être que je ne le toucherai pas avant 5 ou 6 jours. Et j’en ai plus je trouverai toujours un camarade qui m’en prêtera en attendant que je le touche. Comme je t’ai dit sur ma lettre d’hier ma jambe va mieux dans deux jours je reprendrai mon travail. M. Massacre s’il s’entretient avec M. Morin il n’a pas fini de lui bourrer le crâne, il n’a plus que deux jours à faire, je crois qu’il vient à la formation. Je suis content que les Anglais soient venus te voir d’abord. J’en étais bien sûr mais on n’est encore plus tranquille. Ecoute je crois que nous ne sommes pas prêts de recommencer les mêmes opérations Cependant nous étions bien heureux. Je crois que ça va être rudement long. Pensons le contraire. Villon ( ?) était en permission aussi il est allé chez Massacre il aurait bien dû venir te voir. C’est peut être qu’ils se sont trouvés lâchés que je ne sois pas allé jusque chez eux. Que veux tu c’est bien juste si j’ai pu rester avec toi. Ce n’est pas facile dans si peu de temps d’aller partout. Pipeau est reparti tu me diras si tu as reçu la petite photo.
Ma chère Marguerite je ne vois guère grand chose à te dire si tu peux me tenir au courant de la bête que Léon a achetée tu me donneras le résultat. Je termine ma chère Margot en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants
Ton petit mari qui pense bien à toi
Encore mille bons baisers
E. Vallet
Embrasse tes parents et grand-mère Rousseau
J’oubliais de te dire qu’Adolphine m’avait dit que tu lui avais envoyé une carte. Elle est très contente tu as bien fait ce n’est pas hier mais c’est un bon souvenir
Au revoir chère amie et à demain le plaisir de te lire.
Envoi d’Edouard Vallet
Parc à Bétail
Secteur postal 64