31 août 1915

Publié le par Alain

Le 31 août 1915

 

Ma chère Marguerite

 

En réponse à ta lettre du 27 et celle du 28 heureux de vous savoir tous en parfaite santé moi ça va de mieux en mieux mais je n’ai pas encore rejoint mon travail ce ne sera certainement pas avant 3 ou 4 jours. Tu dois voir si tu reçois toutes mes lettres car je te le répète je t’écris tous les jours. Comme je te l’ai déjà dit j’ai reçu ton mandat et les cartes tu dois le savoir maintenant.

Pour la vache que Léon a achetée en effet ce n’est pas du bon marché mais si tu n’en perds pas ça te rapportera encore plus que d’en avoir acheté à Tours. La température est à peu près la même par ici tantôt de l’eau tantôt des temps nuageux et très lourds. C’est la saison.

Ma chère Margot tu me dis que tu voudrais bien être un mois plus vieille pour ton commerce moi je voudrais bien six mois plus vieux pour savoir si on pense à la fin de la guerre. Tu me disais sur une de tes lettres dernièrement au bout de 13 jours que j’étais reparti, 13 jours c’est vivement passé et bien moi au bout de 13 jours je trouvais qu’il y avait au moins trois mois que j’étais revenu bien des fois les jours sont des semaines. Ça que Henri te disait ça ne veut pas faire grand chose leurs tranchées il a raison pour dans un mois mais ce ne sera pas encore cela qui amènera la fin. Que veux tu il faut faire comme par le passé attendre avec impatience il faudra toujours que ça vienne un jour.Si c’est vrai également que les travaux pour la préparation d’hiver sont arrêtés ce n’est pas une mauvaise affaire mais ils pourraient être suspendus et qu’ils auraient une reprise

Ma chère amie changement de conversation je vois que tu n’as pas voulu partager ton lit avec M. Massacre. Je crois penser que ce serait ni lui ni un autre. En effet comme tu dis il ne se fait pas trop de bile. Il boit et mange comme un bon monsieur il prend de bonne biture. Ça le soutient tout cela c’est son affaire moi je ne tiens guère à sa fréquentation. Tu as souvent des maux de tête  mais bien attention lorsque tu as chaud à ne pas rester dans la boutique en courant d’air c’est ce qui pourrait actionner des maux de tête. Espérons dan ta prochaine lettre ça ira mieux. Ma chère petite Margot je ne vois rien autre chose à te dire pour le moment j’attendrai demain avec impatience une très longue lettre qui me fait tant de plaisir à lire. Je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les petites

Ton petit mari qui t’aime pour la vie et qui pense à toi jour et nuit.

E. Vallet

 

Embrasse bien fort tes parents et grand-mère Rousseau

Au revoir et bons baisers

A demain le plaisir de te lire

 

 

 

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