10 décembre 1915 (1)

Publié le par Alain

Le 10 décembre 1915

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 9, toujours très heureux de vous savoir en bonne santé, moi ça va très bien pour le moment. J’espère que tu n’auras été qu’un jour sans nouvelle et que le courrier a été rétabli aussitôt. Comme tu dis en ce moment-ci c’est le vilain temps pour la viande. Je pense que ça va se refroidir car aujourd’hui par ici il est tombé de la neige ce qui dénote du froid prochainement du moins je l’espère. Tu me donneras le résultat de la vache aussitôt que tu pourras. Je pense qu’elle ne pèsera pas avec (…).

J’ai écrit avant-hier chez nous. Je leur ai dit qu’il n’a pas été possible d’y aller le dimanche, que était obligée d’aller voir de la marchandise et que j’en ai profité pour que tu soit tout au moins un mois plus tranquille. Je leur ai dit que nous avions besoin d’argent et que j’en ai profité, je verrai leur réponse.

Maintenant pour le 1er de l’an, comme tu dis, ils ne se sont jamais tourmentés pour toi, tu n’as qu’à pas leur écrire ce jour là. Simplement une lettre que tu feras faire à Petite Suzanne et Henriette que tu leur enverras.

Quant à toi, tu ne te feras pas connaître et alors moi je leur écrirai et je leur dirai qu’il ne faut pas qu’ils se trouvent surpris si Marguerite leur ait pas (…) ses vœux de bonne année car depuis que nous sommes mariés jamais vous n’avez eu de sympathie pour elle. Je trouverai une foule de choses à leur dire, je te donnerai le double à ce moment-là. Ne te tourmentes pas pour cela, moi, je ne t’en aime pas moins pour cela au contraire. Alors il n’y a pas lieu de te tourmenter, pour les petites tu feras ce qu’il faut faire. Quant à toi, tu ne bougeras pas et nous verrons. Quant à Massacre, il préfère nicher dans la paille, qu’il t’a dit, que de coucher dans un lit, certainement que s’il couchait dans un lit, qu’il aurait peur que les gens le mettent à la porte parce qu’il serait trop propre. C’est peut-être la seule raison. Maintenant moi je me trouve plus heureux dans un lit que dans la paille et les gens où je couche sont très heureux que je vienne coucher chez eux, je me (…) pas les gens, au contraire c’est eux qui ont peur que je me gène. Lorsque je suis parti en permission, ils se sont intéressés par plusieurs fois quand j’allais revenir. Ca leur ferait grand mal au cœur si j’étais obligé d’aller coucher dans la paille. Depuis huit jours ils voulaient absolument que je vienne dîner chez eux avec mon camarade, alors je me suis décidé, je t’affirme qu’ils étaient heureux alors nous y sommes venus hier soir, nous avons fait des heureux. Alors je te donne le menu vin blanc comme apéritif un seul verre de bière lapin (…) au vin blanc qui était excellent, vin rouge (…) en mangeant à volonté, ensuite poulet rôti, salade (…) fromage, fruit tarte à la crème et tarte aux pommes et enfin champagne.

Alors tu vois ce que c’est que les gens.

Je ne suis pas malheureux.

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Publié dans blogduboucher

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