20 décembre 1915

Publié le par Alain

Lundi le 20 décembre 1915

 

Ma chère Margot

 

Aujourd’hui deux lettres du 17 et du 18 certainement que j’en aurai pas demain car celle du 18 ne mettant que deux jours et toutes les autres mettre trois jours alors je m’attends à rien avoir demain. Tu n’auras pas de lettre du 19 car je n’ai pas eu le temps d’écrire avant le courrier hier soir j’étais fatigué je suis monté me coucher avec l’intention d’écrire ce matin, mais il m’a été impossible, tu seras un jour sans recevoir. Enfin la santé est très bonne et je suis heureux de vous savoir tous de même. Je suis content que tu reçoives toutes mes lettres moi je suis de même quand un jour j’en ai pas le lendemain j’en ai deux, alors c’est le même. Hier j’ai vu Lebreton, nous avons pris une chopo (sic) ensemble, la question est venue sur son bétail, il m’a bien dit qu’il avait acheté une vache mais il ne m’a pas parlé qu’il en avait vendue une à Bléré, je lui en parlerai à la prochaine occasion car je suis à même de le voir en partie tous les jours. Tu n’avais pas compris que mon bidon c’était pour mettre de l’eau de vie j’aurais préféré que du vin mais ça fait rien le vin je l’ai donné aux gens où je couche pour leur faire goûter et l’ont trouvé excellent. Tu me dis que tu croyais que j’avais encore de l’eau de vie, penses-tu, deux jours après il n’y en avait plus, nous avions peur que les vers se mettent dedans, tu ne connais pas le métier militaire, il y avait des camarades, tu comprends, j’ai du leur faire goûter et ça été aussitôt parti. Ma chère marguerite tu me dis que tu a envoyé un aloyau à Paris, tu me dis que tu veux te débarrasser de ton globe, pourquoi ne l’as-tu pas envoyé à Paris aussi certainement qu’il aurait été bien vendu aussi en ce moment-ci.

Tu me dis que Me Lecomte est allé te rendre visite ne forgeron sale et tablier. Ca ne le change en rien, ce n’est pas contraire à ses habitudes, que veux-tu, c’est son affaire si ça lui plait d’être comme cela, j’aime mieux pour lui que pour moi. Ma chère petite amie, je termine en t’embrassant de tout mon cœur ainsi que petite Suzanne et Henriette

Ton petit mari qui t’aime pour la vie

E. Vallet

Si demain je n’ai pas de lettre, je te mettrai un mot tout de même

Au revoir et bonne santé

Embrasses toute la famille pour moi.

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