17 décembre 1915

Publié le par Alain

Le 17 décembre 1915

 

Ma chère Margot

 

Je fais réponse à ta lettre du 13 et celle du 14, tu seras un jour sans recevoir. Je n’ai pas écrit hier soir et ce matin je n’ai pas eu le temps. Je suis heureux de vous savoir en bonne santé, moi ça va très bien pour le moment. Je suis content de savoir que j’ai bien travaillé durant ma permission auprès de toi malgré j’étais bien sûr  que tu aurais la visite des anglais, je me suis jamais tourmenté à ce sujet. Ma chère amie, je ne me rappelle pas ce que je voulais te dire, je suis toujours très bien chez les gens où je loge, c’est de très brave gens. Le matin à mon réveil, je prends le café au lait alors tu vois que je ne suis pas malheureux et le soir avant de me coucher, je prends le thé. Le lit est très bon, simplement quand il fait froid la pièce n’est pas très chaude car c’est une mansarde mais je mets ma capote et ma couverture sur moi et je me couvre la tête de mon passe-montagne et je suis heureux. Ca me serait égal que nous restions ici jusqu’à la fin de la guerre, je crois que nous y serons longtemps, nous y passerons certainement l’hiver. Ma chère amie, je me doute bien que par moment tu te trouves gênée et c’est bien qui est cause de tes migraines et de tes ennuis, c’est rudement ennuyeux, je me doute bien que tu n’est pas toujours heureuse dans tes affaires. Monsieur Massacre est arrivé d’aujourd’hui, il m’a apporté le colis que tu lui as remis, tout est arrivé en très bon état je te remercie mille fois de tout mon cœur. Nous avons entamé le rôti de veau, j’ai fait une mayonnaise avec un œuf qui sont arrivés en très bon état aussi, et nous nous (.) rudement régalé ce soir avec mon camarade. Nous avons encore du rôti pour demain, après le rôti nous avons mangé un petit morceau de Roquefort qui était excellent, une pomme qui sont on ne peut plus belle, ensuite une noix  et une bistiaulle (sic) alors je te répète nous avons fait un dîner extraordinaire. Nous recommencerons demain, alors tu vois, je vais être heureux pendant quelques jours. Lorsque j’ai donné mon bidon à Massacre, il n’avait rien du tout, certainement qu’il avait bu un coup de trop et il aura monté dessus. IL me l’a apporté plein de vin, je l’ai donné aux gens où je couche pour leur faire goûter au vin d’Athée, ils l’ont trouvé excellent et en effet, il est très bon. Massacre était comme mon bidon, bien plein, il est arrivé avec Lebreton, je ne savais pas qu’il était en permission

En effet, ça ne devait guère te tourmenter qu’il ne vienne pas te voir, comme tu dis Monsieur Perrault sont trop fiers, tu as bien fait de ne pas t’intéresser à eux. La maman est déjà si aimable, il vaut mieux les laisser tranquilles et qu’ils deviennent ce qu’ils voudront.
Ma chère Margot, je m’arrête de causer aujourd’hui, ça sera pour demain le plaisir de recommencer.

Je te remercie mille fois de tout mon cœur du colis et de son contenu

Ton petit mari qui t’aime de tout son cœur et qui t’embrasse bien fort.

E. Vallet

Embrasses bien Petite Suzanne et petite Henriette le Papa la Maman Vincent et grand-mère Rousseau

Je mon(te) me coucher il est 8h1/2

Au revoir et encore mille autres bons baisers

Ton petit bonhomme pour la vie.

Publicité

Publié dans blogduboucher

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article