07 janvier 1916

Publié le par Alain

Vendredi 7 janvier 1916

 

Ma chère Margot

 

Je viens de recevoir ta lettre du 4, plus heureux de savoir que ton commis est de meilleure humeur, mais malheureusement, ce n'est pas pour longtemps, enfin j'espère que la fin sera proche et que j'arriverai pour le remplacer. La santé va toujours à peu près, mon rhume va de mieux en mieux. Les gens où je couche seront très heureux quand ils auront reçu ta lettre ; j'y suis toujours très bien. Tu tâcheras de faire faire une carte à Suzanne et à Henriette que tu enverras à la petite Yvonne : elle sera rudement heureuse. Je n'ai jamais eu l'occasion de revoir Robin depuis mon retour de permission, si j'avais un moment pour aller le voir j'irai, mais ce n'est pas facile. Tu dois avoir reçu ma lettre t'annonçant l'arrivée du poulet, malheureusement il avait pris l'humidité, enfin nous avons mangé les principaux morceaux, nous nous sommes bien régalés tout de même, mais une autre fois ne recommence pas à recommander tes colis : ça leur donne du retard. Aussitôt tes 5fr reçus je te le ferai savoir. C'est bien embêtant que la marchandise devienne si chère, si ça continue vous serez encore obligés de raugmenter.

Henri m'a simplement envoyé une carte pour le 1er de l'An, je pense qu'il m'enverra une lettre ces jours. J'avais écrit à Cormery en même temps qu'à toi, je n'ai pas eu de réponse. Monsieur Arthur Landré sur ce que je vois il vient souvent en permission, il a une veine particulière. Alors Albert Germain n'est pas encore venu, tu ne m'en as pas parlé.

Ma chère Margot, je ne vois rien autre chose à te dire pour aujourd'hui ; en attendant demain le plaisir de te lire, je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.

Ton petit mari qui t'aime pour la vie.

E. Vallet

 

Embrasse tes parents pour moi.

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