06 janvier 1916
Jeudi 6 janvier 1916
Ma chère Margot
Hier je n'avais pas de lettre de toi, je n'avais que de ta maman et la grand-mère Rousseau. Tu auras pas à attendre de lettre du 5 car je n'ai pas écrit. Aujourd'hui j'en avais deux, du 3 et du 2, certainement que j'en aurai pas demain.
Moi la santé est à peu près bonne pour le moment, j'espère un rétablissement complet d'ici peu; si le temps était meilleur, nous n'aurions pas toutes ce petites indispositions : c'est un hiver très sale.
Je pense que maintenant le courrier va mieux marcher maintenant, et que tu auras tes correspondances plus régulièrement, les fêtes étant passées.
Je m'aperçois que Monsieur Léon est toujours aussi courageux comme par le passé. L'eau de vie vous pourrez la mettre dans mon petit fût et le descendre chez la grand-mère Rousseau : vous verrez comment vous arranger.
Je pense que cette lettre vous trouvera tous en bonne santé, écoute je ne vois rien grand'chose à te dire toujours la même chose. Je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur, ainsi que petite Suzanne et Henriette.
Ton petit mari qui t'aime pour la vie.
E. Vallet
Tu ne m'as pas dit si tu avais reçu les lettres de chez nous d'Adolphine et du bourgeois. Tu dois cependant les avoir reçues maintenant.
Dans l'attente demain le plaisir de te lire, reçois mes meilleurs baisers.
A demain.