18 janvier 1916

Publié le par Alain

Le 18 janvier 1916

 

Je viens de recevoir ta lettre du 16 et en même temps la photo et les 5 frs. Je te remercie mille fois du tout. Je te trouve admirablement bien, mais moi, j'écarte un peu trop les jambes. Toi tu es très bien. J'ai simplement un regret de penser ou de te dire que si tu étais avec moi en naturelle (...) tout temps, mais le principal, à l'heure de se coucher, combien que nous serions si heureux de nous amuser, en fin en un mot cette photo me fait un très grand réel plaisir, surtout de t'avoir. Je crois que je te comblerais de baisers sur la photo. Enfin tu as eu une bonne idée, car c'est un très grand bonheur pour moi. Pour la vache certainement que je n'avais pas du bien comprendre, je ne croyais pas que c'était la vache à Boyer. C'est beaucoup de travail pour toi et très peu de bénéfice, enfin espérons de meilleures semaines. Le principal : tourmente-toi le moins possible, de façon à ne pas te rendre malade, et plus tard nous nous arrangerons. Je suis très heureux que petite Suzanne aille mieux. Je suis heureux de vous savoir en bonne santé, moi ça va, mais maintenant je suis à l'abattoir, je travaille beaucoup et écoute je ne suis pas bien fort, malgré que beaucoup de mes camarades sont comme moi, nous travaillons très dur et je sue beaucoup, ça me sort du corps comme si je tombais dans l'eau. J'en suis que le plus malheureux c'est les forces qui me manquent, mais ça ne m'empêche pas d'emporter n'importe quel quartier. Maintenant je te raconte ce qui se passe, ne te tourmente pas d'autant plus que je ne sui pas malade.

Ma chère petite Margot, mes forces reviendrons quand nous serons ensemble. Ton petit mari qui t'aime et t'embrasse mille fois de tout son cœur. Embrasse petite Suzanne et Henriette.

 

E. Vallet

 

A demain le plaisir de te lire.

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