29 janvier 1916
Le 29 janvier 1916
Ma chère Margot
En réponse à ta lettre du 27, toujours très heureux de vous savoir tous en parfaite santé, moi ça va bien pour le moment. Comme je t'ai dit bien plusieurs fois, j'ai reçu les 5fr du Samedi 22 (…) comme par le passé dans la lettre puisque je reçois très bien tes lettres, ça te donne moins d'ennuis et c'est le plus pratique. Pour Henri, j'avais bien compris qu'il était en permission, c'est toi qui t'étais mal expliquée, enfin d'une façon ou d'une autre, j'espère qu'ils iront te voir, mais il ne faut pas compter que je m'y trouverai en même temps. Il y en a encore 8 ou 10 à partir avant que le troisième tour revienne. Je n'ai rien reçu de mes parents, cependant je n'ai rien mis pour pouvoir les choquer, ils ont certainement reçu ma lettre, je ne vois pas pourquoi qu'ils ne m'ont jamais donné de réponse. Enfin, j'attends. Quant à la mère Firmain (?) les bonnes gens ne savent pas écrire, et Antoinette est très négligente, maintenant le bonhomme est très malade, ce n'est pas surprenant. Le pauvre bonhomme il est (…) de travail, il est dans un triste état, c'est malheureux pour ce pauvre bonhomme car il a toujours beaucoup travaillé, et il n'a jamais eu beaucoup de bon temps. Je le regrette beaucoup car c'est lui qui m'a élevé, malheureusement je crois qu'il tire à sa fin avec beaucoup de souffrances qu'il ne mérite pas.
Octave m'a écrit dernièrement qu'il était bien fatigué, il se trouvait en convalescence, et Albert Saulnier (?) en permission et Mathilde sa fille qui est à Paris que tu ne connais pas y étaient aussi. Heureusement pour lui car si malheureusement il vient à s'en aller, il aura toute sa petite famille. C'est malheureux pour Molineau mais que veux-tu, beaucoup de familles sont éprouvées, mais naturellement il y en a qui ont beaucoup plus de malchance les uns que les autres et malheureusement ce n'est pas fini. Ma chère Fille, surtout fais bien attention à toi à ne pas attraper de froid surtout pendant ton indisposition. Ma chère Margot, je ne puis te dire quand ça finira. Je crois que ça ne finira jamais, nous vivons je ne sais comment, enfin si nous avons la chance de conserver notre santé tous, c'est le principal. Plus tard nous verrons ce que nous aurons à faire.
Ma chère Margot en attendant demain le plaisir de te lire, je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants, remercie petite Suzanne de ces violettes que j'ai conservées dans mon portefeuille.
Ton petit mari qui t'aime pour la vie