04 février 1916

Publié le par Alain

Vendredi 4 février 1916

 

Ma chère Marguerite

 

 Je te fais réponse à tes 3 lettres du 30 du 1er et du deux, hier j’ai reçu ces deux du 30 et du 1er mais je n’ai pu te faire réponse car j’étais trop malade heureusement que je me trouvais dans mon bon lit et que Madame Courquin m’a monté mon lait au lit, et même me monté une brique dans mon lit, j’ai été malade comme un cheval, jamais j’avais été si malade, j’avais certainement 40 de fièvre. Tu penses que j’avais pas la force de t’écrire. Aujourd’hui second jour ça va mieux, j’ai plus que simplement la douleur de la piqûre, j’espère que demain matin ça sera en partie guéri, je reprendrai peut-être mon travail, et cependant nous sommes deux jours indisponible, mais nous ne sommes pas très nombreux. J’ai profité de mon arrêt pour changer de tout et de faire bouillir mon linge convenablement. Je crois être débarrassé de tous ces poux et je te garantis pas fâché car il me serait impossible de vivre avec ces gens-là. Je pense que maintenant nous pourrons reprendre notre correspondance comme autrefois. Ma chère Marguerite c’est bien embêtant de faire un commerce comme cela, la marchandise si chère, certainement que ça doit faire que de manger de l’argent. Se donner un mal de chien pour aboutir à rien, il vaudrait mieux fermer la boutique. Je te jure qu’il y a des moments que je m’ennuie. Je me doute bien de ce qui se passe, c’est une triste vie. En effet que je m’ennuie maintenant, je serai plus heureux de voir la boutique fermée et de te savoir beaucoup plus heureuse car en ce moment-ci tu dois faire que de manger de l’argent et travailler plus que ta part. Ma chère Margot, je te causerai à ta lettre du 1er et du 2 demain. Car je monte me coucher. Comme je t’avais dit, j’ai reçu tes 5f du 29 et les 10f restent ici.

En attendant demain le plaisir de te lire, je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.

Ton mari qui t’aime pour la vie

E. Vallet

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Publié dans blogduboucher

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