05 février 1916
Le 5 février 1915
Ma chère Margot
Maintenant tu auras des lettres tous les jours, je vais mieux de ma piqûre, je n’ai plus de fièvre, je ressens plus que simplement une petite douleur dans l’épaule, dans deux jours ce sera complètement passé mais le plus embêtant c’est qu’il faudra y retourner. Nous avons été piqués le 3 pour la première fois, nous y serons le 10 pour la seconde et le 18 pour la troisième. Je voudrais que ce serait passé car pour ces deux autres fois si je dois souffrir comme celle-ci je ne me vois pas heureux. J’espère en être moins malade. Pour le 1er février, moi je n’avais pas remarqué qu’il y avait 6 ans anniversaire de notre mariage c’était plus beau qu’aujourd’hui, nous étions loin de penser que nous aurions la guerre, la vie était plus belle qu’à l’heure actuelle, enfin il faut vivre comme cela.
Ma chère Marguerite pourquoi enlèves tu les morceaux de viande si lourds pour attraper du mal, au lieu de le dire au commis, à ton Père qui certainement ne refuserai pas, si ton fameux Léon ne veut pas le faire tu vois ce que tu gagnes de vouloir faire plus que tu peux, on apprend plutôt de mauvaises nouvelles que de bonnes. Quelle vie quelle vie que nous avons, quelle dégoûtation, si ce n’étaient les deux petites mignonnes je voudrais absolument que tu me laisses cela tranquille, je pense que tu me tiendras au courant de ton effort et que tu ne recommenceras pas à enlever plus lourd que tu peux faire. Je suis certain ton cochon te gagnant 30f pour deux semaines avec les frais et la perte ne fais que de te donner beaucoup de travail et d’ennuis et te mange de l’argent, je ne sais pas ce que l’on va devenir et ce n’est pas fini.
Ma chère Margot en attendant tantôt le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille de tout mon cœur ainsi que les enfants et j’espère que cette lettre te trouvera en meilleure santé.
Ton mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Embrasses tes parents et grand-mère rousseau