26 novembre 1915

Publié le par Alain

Vendredi 26 novembre 1915

Ma chère Margot

Je te fais réponse immédiatement à ta lettre partie aussitôt mon départ. Je suis très heureux de savoir que vous êtes arrivés sans encombre. Moi comme je t’ai déjà dit je suis arrivé la même chose mais naturellement la fatigue du voyage, mais maintenant je suis complètement rétabli, à part la fatigue de ma main tout va bien. Aujourd’hui je n’ai pas fait grand-chose simplement un petit voyage de 7 ou 8 kilomètres pour aller chercher des moutons, demain je ne travaillerai pas beaucoup non plus, mais on s’ennuie beaucoup plus à ne rien faire, le temps sembles trop long ce qui donne trop à réfléchir à toute espèce de chose, aussi après demain je tacherai de bien me bander la main et de faire à l’abattoir ce que je pourrai, j’en serai que plus heureux.

Ma chère Margot, tu me dis que je te fais un grand vide, je dois le penser moi ce n’est pas un grand vide pour moi mais un grand changement de vie, mais que veux tu il nous faut vivre comme cela jusqu’à nouvel ordre. Espérons que ça s’arrêtera bientôt, ça serait notre grand bonheur et à tous, ayant toujours du courage et espérons que nous arriverons à un bon but. Tu me demandes si j’ai toujours mes sabots, en effet et même nous allons en toucher pour faire l’abattoir, maintenant pour les (…) tu peux m’en envoyer lorsque tu aura l’occasion, ça me servira, quant à la montre ce n’est pas pressé, tu peux attendre ne te tourmente pas au point de vue pour me rendre au travail. J’arriverai toujours à l’heure. Ma chère amie tu dois recevoir maintenant tous les jours. Je t’écris avant d’aller me coucher. Je suis heureux de trouver mon lit dans lequel je me repose très bien. En attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que ces deux petites mignonnes et tes parents.

Ton petit mari qui t’aime pour la vie.

 

E. Vallet

 

A demain le plaisir de te lire

Au revoir et bonne santé et bonne nuit

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Publié dans blogduboucher

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