08 mai 1916
Le 8 mai 1916
Ma chère Marguerite
En réponse à ta lettre du 5 et du 6 très heureux de vous savoir tous en bonne santé moi ça va très bien pour le moment. Comme je t’ai déjà dit inutile de m’envoyer de viande ni de charcuterie, tu as bien fait de ne pas m’envoyer de langue. J’ai reçu ta botte d’asperges, nous la mangerons ce soir et certainement que je me régalerai mais comme je t’avais déjà dit ce n’était pas utile de m’envoyer huile et vinaigre, je pouvais m’en procurer. Nous faisons pour l’instant une moyenne de 100 kg à 200 kg de saucisson tous les jours avec du cheval et porc. Nous avons beaucoup de travail à faire, mais ça sera je croit plus agréable que l’abattoir, nous sommes 4 charcutiers de métier et partir d’aujourd’hui nous avons deux hommes en supplément pour le nettoyage et tourner la machine, c’est moi qui assaisonne tout, et nous avons des demandes plus que nous pouvons en faire. Je voudrais que toute cette misère soit finie. Hier j’ai eu la visite des fils Toto, j’ai vu également un poilu de Cormery. Je ne me rappelle plus de son nom il sortait de chez le photographe comme nous y rentrions. Je crois que c’est Boutet, il était heureux de me voir et moi aussi, surtout dans l’endroit où nous nous trouvions. Tu me demandes si nous tuons des porcs, nous nous les recevons congelés nous n’aurions d’abord pas le temps des tuer.
Robin n’est pas loin de nous mais je ne l’ai pas encore vu. Tu n’as pas à m’envoyer du sel ni poivre j’ai cela quand j’en ai besoin.
J’ai reçu une lettre de Madame Courquin ce sont toujours des gens très gentils.
Ma chère margot en attendant ce soir le plaisir de te lire je termine mille fois de tout mon cœur.
Ton mari qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
Embrasses bien fort petite Suzanne et Henriette pour moi.
Encore mille bons baisers.