14 mai 1916

Publié le par Alain

Le 14 mai 1916

 

Ma chère Marguerite

 

Tu n’auras pas à attendre une d’hier car je n’ai pas pu écrire, il m’a été impossible à part cela la santé est très bonne et désire que ma lettre vous trouve de même. Je reçoit très régulièrement toutes tes lettres, tu ne seras pas surprise si tu es 5 ou 6 jours d’ici peu sans recevoir car je crois que les correspondances vont être arrêtées, je t’avertis d’avance, en conséquence si tu peux m’envoyer un peu d’argent, tu le feras, le plus tôt possible, j’en aurai peut être pas besoin mais je peux des fois en avoir très grand besoin, tu ne te tourmenteras pas d’abord ça ne t’avancera à rien, j’ai toujours le plaisir de voir des camarades des environs d’Athée, dont toujours le brave Plantureux qui est au 6ème génie, dont je t’ai parlé plusieurs fois c’est un charmant camarade, tous les jours je vais le voir et lui vient me voir, il est à 60 de moi mais malheureusement pour aller le voir nous passons devant un cimetière militaire, qui est fait que depuis que nous sommes ici il commence à s’emplir très vite, une cinquantaine par jour rentre dedans, c’est triste mais que veux tu c’est notre vie (…) bien ne pas y rester car tu aurais trop loin pour venir me voir.

Je ne sais pas quand est que nous partirons. Je suis très heureux que le Père Sylvain soit mieux, je serais heureux de te voir et de voir tous les amis. Peu que Léon achètera la vache à Boissé. J’ai reçu ton mandat du 11. Je te remercie beaucoup.

Ecoutes je ne vois plus guère grand-chose que je puis te dire aujourd’hui.

En attendant ce soir le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que Petite Suzanne et Henriette.

Ton mari pour la vie

 

E. Vallet

 

Embrasses tes parents pour moi

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