07 mars 1916

Publié le par Alain

Le 7 mars 1916

 

Ma chère Margot

 

Je te fais réponse à ta lettre du 4 janvier tu as voulu mettre certainement 4 mars. Très heureux de vous savoir en bonne santé moi ça va aussi mais il n’y fait pas chaud dans notre grenier sans porte et à peine couvert il y manque des tuiles un peu partout et cette nuit il a gelé très dur aussi nous avons tous pas passé une très belle nuit. Enfin que peux tu y faire s’y résigner puisque l’on ne peut faire autrement. Si seulement le beau temps voulait venir, ça irait tout seul mais pour le moment il n’a jamais fait froid de l’hiver espérons tout de même avoir des jours meilleurs plus tard. J’ai reçu en même temps que ta lettre de 5 francs donc je te remercie beaucoup. Je reçois très bien tes lettres et régulièrement mais pour les notres ça ne doit pas être la même chose et cependant maintenant que nous sommes installés je t’écris tous les jours. Pour la vache maintenant, j’y suis, oui Marinier de Bono je connais, jamais je ne lui ai rien acheté. En effet le Maître Morin doit l’avoir mauvaise. Alors c’est lui qui est en rogne avec la maison Bussière, ce n’est pas bien tourment, nous reverrons cela plus (…) Je pense bien que leur marchandise est toujours la même. Qu’as tu tué pour carnaval. Comme tu dis, c’est très dur de trouver des moutons pour le moment. Si le père Crousilleau pouvait t’en donner un toutes les semaines, surtout quand tu as les châteaux, ça t’arrangera bien.

Ma chère Margot, je n’ai pas très chaud au doigt à t’écrire je suis installé où je couche et je t’écris sur mes genoux. Je ne (…) pas mon chauffage. En attendant tantôt le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon coeur ainsi que les enfants.

Ton mari qui t’aime pour la vie

E. Vallet

 

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Publié dans blogduboucher

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