27 mars 1916

Publié le par Alain

Lundi 27 mars 1916

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 25 très heureux de vous savoir tous en bonne santé moi ça va assez bien ça m’étonne que tu n’avais pas de lettre le 25 car cependant je t’écris très régulièrement tous les jours, alors le 26 tu as du en recevoir deux, je penses que tu me le diras demain sur ta prochaine lettre. J’ai reçu en même temps que la tienne une de chez mes parents, et très courte également. Maintenant c’était plutôt à moi de leur écrire, j’ai simplement envoyé une simple carte en leur annonçant que je leur écrirai d’ici quelques jours mais je ne l’ai pas fait il me dit pas grand-chose simplement m’annonçant l’arrivée da ma carte qu’il faisait mauvais temps à Chenonceaux également qu’il était impossible de toucher la terre, et qu’il en était condamné à aller taquiner les perches dans le Cher et que Madame Juillard était repartie à Paris que son mari qui était à la guerre a été rappelé il a de la chance encore celui-là et enfin c’est tout. Je ne sais pas si les permissions vont reprendre chez nous, en tout cas si elles reprennent je t’en tiendrai au courant, elles peuvent recommencer dans les régiments qu’elles ne recommenceraient pas chez nous de sitôt car en ce moment-ci nous avons beaucoup de travail pour que le capitaine nous envoie des bouchers, nous ravitaillons qu’en viande fraîche, il faudrait pour cela recommencer à recevoir des viandes congelées, peut être que ça reviendra d’ici peu. Nous sommes toujours très bien dans notre maison chez nos bonnes femmes, c’est un femme veuve que son mari à la guerre, elle a une fille qui a 5 ans, elle est avec sa mère qui a environ 65 ans, nous sommes pas trop mal, nous mangeons dans des assiettes on peut faire cuire ce que l’on veut, nous dépensons une moyenne de 0,75 sous par jour, nous achetons soit du beurre quand nous en avons besoin de l’huile du vinaigre deux litres de cidre car le vin est trop cher, nous nourrissons du mieux que l’on peut.

Aussitôt que tu pourras m’envoyer des sous tu le feras car je n’ai plus que 5 francs et si nous allions partir, je pourrai en avoir besoin.

Je ne vois rien autre chose à te dire aujourd’hui il me semble que je cause plus longuement que toi, je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.
Ton mari qui t’aime pour la vie.

E. Vallet

 

A demain le plaisir de te lire

Embrasses tes parents

Au revoir et bonne santé

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Publié dans blogduboucher

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