28 mars 1916

Publié le par Alain

Mardi 28 mars 1916

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 26 toujours très heureux de recevoir très régulièrement et de vous savoir en bonne santé, moi comme hier ça va mais malheureusement toujours des temps très malheureux, des vents abominables et de la pluie tous les jours, nous sommes vraiment pas très heureux en ces moments ci que nous avons beaucoup de travail et toujours dehors, il y a bien des malades moi je n’ai pas à me plaindre, j’y suis jamais et je n’y tiens pas, nous avons eu du renfort aujourd’hui environ 20 bouchers, des régiments, du corps d’armée, c'est-à-dire, chaque régiment fournit deux bouchers, alors deux du 66 deux du 125 deux du 77 etc … mais je te jure qu’ils préfèrent être dans leur régiment que de faire ce métier là, ils sont pour huit jours mais ils voudraient bien que les huit jours soient écoulés et rentrer dans leurs régiments respectifs, dans trois jours ils seront complètement éreintés, ils nous traiteront plus d’embusqués, ils auront pu apprécier le travail que nous faisons. Je te remercie des 5fr reçus justement dans ta lettre hier je t’en demandais. C’est très malheureux que ce pauvre Daniel soit mort, c’était un très bon camarade, c’est triste à cet âge là, tu présenteras mes grands regrets à la famille, comme je t’ai déjà dit le rôti de veau était excellent nous nous sommes bien régalés.

Alors la directrice de la poste est si sévère que cela, tu n’es pas obligée de lui dire le contenu de ton colis, il faut la dresser cette demoiselle là, elle s’en fiche pas mal cette cocotte là, elle a tout ce qui lui faut et nous ne sommes pas pareils, alors oui ça me ferait plaisir de goûter les rousserolles, ils sont toujours énormément gentils ces gens là.
Je suis très heureux que les petites soient très gentilles, je serais très heureux de les voir, peut être aurai je le plaisir d’ici peu, en effet si Henriette allait à l’école elle serait beaucoup plus sage, alors le maître a toujours des permissions, tout cela ce sont des inutiles, c’est bon à rien ces cocos là, il y a qu’à laisser ça tranquille. J’ai reçu une carte d’Adolphine hier, elle me dit qu’elle t’écrit en même temps elle trouve que je lui écrit pas souvent, que veux tu, ça ne me plait guère d’écrire. Je lui répondrai ces jours ci. J’estime que ce n’est pas une lettre que je te fais c’est un journal.
Je ne vois plus rien à te dire pour aujourd’hui

J’attendrai demain le plaisir de te lire et de te faire réponse.
Ton mari qui t’aime et t’embrasse mille fois de tout son cœur ainsi que les enfants.

E. Vallet

 

Au revoir et très bonne santé

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Publié dans blogduboucher

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