16 juillet 1916

Publié le par Alain

Le 16 juillet 1916

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 13 me disant me faire réponse à ta lettre du 10 alors ça te fait avec celle ci 5 lettres et cartes à recevoir j’ai reçu tes rillettes et tes 5 francs voilà déjà un moment je te le fais savoir aussitôt comme je t’ai dit ces jours derniers j’ai déjà mangé les rillettes et sur ta lettre tu me demandes si je les ai reçues en même temps que ta lettre du 13 ton colis contenant deux petits pots de beurre et un fromage. J’y ai déjà fait honneur je viens te remercier de ce dernier. Je suis plus content que tu as une bête de chez le père Girad qu’il te coûte moins cher c’est grandement assez cher mais tu devras retrouver ton bénéfice. Parlons un peu de notre voyage chez lui. Je ne sais si je te l’ai dit et je ne prétends pas me tromper sa femme a tout de la gueule d’une femme qui boit. Je te parle en terme boucher et je ne prétends pas me tromper sûrement que c’est une femme qui se saoule. Sans cela c’est une façon de parler mais quand bien même que sa femme se saoulerait et qu’il te vendrait la marchandise le prix qu’elle vaut on s’en moque mais qu’il ne profite pas de l’occasion pour vendre la marchandise deux sous de plus qu’elle vaut car je lui conseillerais de prendre sa femme tout de suite pour qu’il vende sa marchandise que le prix qu’elle vaut. Tu vois je te cause encore de notre promenade je voudrais bien y revenir mais quand ?…

Tu me demandes si j’ai encore un peu d ‘argent. Oui mais je préfère avoir une petite réserve  que d’en manquer car nous ne connaissons pas l’avenir je peux en avoir besoin si ça ne te gêne pas envoie moi régulièrement  ou envoie moi que 90 (…) que tous les mois c’est ce qu’il me faut en te dépensant le moins possible. Je ne suis pas comme Mr Massacre il a dit qu’il avait 3 francs à manger par jour que sa femme gagnait (…)  et à l’occasion et qu’il était heureux moi je mange beaucoup moins et je m’estime pas des plus malheureux  vingt sous par jour et 5 sous de prêt je peux vivre naturellement sans faire d’abus d’abord ce n’est pas mon principe j’aurais bine 5 francs par jour que je n’en dépenserais pas beaucoup plus pour cela. Maintenant autre chose tu me dis  que la santé est bonne mais ce n’est pas vrai puisque tu as des névralgies c’est très malheureux je suis à peu près certain que ça vient de tes dents que tu ne peux pas broyer tes aliments convenablement  j’en suis très malheureux de te voir des dents comme tu en as si j’ai le bonheur de revenir je veux que tu t’en passes mettre autre chose attendant si tu pouvais avant fait-le tu me ferais grand plaisir. Je sais que tu vis malheureusement tous les points de vue, ça m’ennuie assez, aujourd’hui j’ai un moment j’en profite pour te causer plus longuement. Je suis heureux que petite Suzanne aille mieux moi la santé est bonne pour le moment.

Ma chère Margot en attendant demain le plaisir de te lire je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants ; Ton petit mari qui t’aime pour la vie

Encore mille bons baisers

 

E. Vallet

 

Embrasse le Papa et la maman Vincent

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