29 juillet 1916

Publié le par Alain

Le 29 juillet 1916

 

Ma chère Margot

 

La nuit a été assez agitée j’ai souffert un peu plus que la nuit dernière je crois que c’est dû au temps parce que plusieurs camarades étaient pareils, aussi le temps était orageux. Je pense que la journée sera meilleure. Ma petite Margot je voudrais bien avoir de tes nouvelles ça e sera pas encore aujourd’hui je n’y compte pas.

Peut être demain j’attendrai avec impatience.

Ma petite Margot, je suis descendu avec plus rien de mes affaires j’ai tout perdu sac musette mon rasoir que je tenais tant, enfin tout.

J’ai tout de même rapporté une cornussette dans laquelle j’avais des fusins en soie que j’avais toujours conservé pour te rapporter; chaque fusin mesure 40m de soie, j’en avais pour une grosse somme mais ils sont de différentes couleurs. Je t’en ai fait faire un tapis ici il y a un petit jeune homme malade qui fabrique cela, je pense que je l’aurai aujourd’hui. Ce sera un tapis de grande valeur c’est un tapis de guéridon naturellement il va me rester quelques fusains mais je vais en donner quelques uns à la sœur et le reste  à madame Lamarne. J’ai écrit à Henri Landré et je ne peux lui envoyer sa lettre je n’ai plus son adresse tu me l’enverras aussitôt.

Je pense qu’une lettre vous trouvera tous en bonne santé.

Dans l’attente d’avoir de tes nouvelles je termine en t’embrassant du plus profond de mon cœur ainsi que tes enfants et la maman.

Ton petit mari qui t’aime pour la vie.

 

E. Vallet

 

Embrasse la cousine et ses deux petits pour moi.

 

Tu m’enverras de l’argent si tu peux car ici j’en ai besoin si je veux manger quelque chose qui me flatte malgré qu’il ne m’en faut pas beaucoup

Encore mille bons baisers

Bonjour à Mr Renard.

 

 

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