30 juillet 1916
Le 30 juillet 1916
Ma chère Margot
En réponse à ta lettre du 27 heureux de savoir que tu reçois bien mes lettres régulièrement moi aussi tous les jours. Alors tu as eu la visite du maître Sellier oui je pense qu’il doit en avoir assez lui aussi nous sommes tous pareils et puis Albert Germain il n’a pas été te voir écoute ce n’est pas tourmentant. Sa femme lui en aura bien empêché en un mot c’est une femme de rien mais Albert est trop bête pour voir ce qu’elle est c’est tant pis pour lui.
Elle ne doit pas l’aimer beaucoup et aimerait mieux la bouteille j’en suis sûr plus tard elle devra se piquer sérieusement le nez. Tu te rappelleras de cela. Qu’est-ce que c’est qu’il a l’oncle Vincent ce serait-il de la fatigue ou du froid qu’il aura attrapé, la tante me disait que c’était de la fatigue, il devrait en faire voir au docteur, et ne pas rester comme cela. Espérons que ce ne sera rien. Ça ne m’étonne pas de la vache à Galicher généralement ils nourrissent très mal en plus de cela ils veulent vendre très cher, tu lui paies sa bête 1fr15 (?) c’est 4 sous par livre de plus que ça vaut et maintenant il profite encore de cette occasion c’est des mauvais riches enfin plus tard j’essaierai de serrer tous ces gens là.
Pour mon effort au cou ça me fait beaucoup moins mal j’espère que d’ici quelques jours ça sera complètement rétabli.
Ma chère Margot je ne vois plus guère grand chose à te dire aujourd’hui. J’attendrai demain le plaisir de te lire et de te répondre. Ton mari qui t’embrasse bien fort ainsi que les enfants et qui vous aime de tout son cœur.
E. Vallet
Embrasse le papa la maman Vincent et grand-mère Rousseau.
Mille bons baisers.