16 décembre 1914

Publié le par Alain

Le 16 décembre 1914

 

Ma chère Marguerite

 

Je fais réponse à tes deux lettres du 7 et du 5 reçues le 15 D. et c’est avec beaucoup d’ennui que j’ai appris que tu souffrait des jambes, naturellement c’est le trop de travail, il vaudrait mieux que tu laisserais à faire d’un coté que de faire plus que tes forces pour te rendre malade, ce n’est pas un avantage.

De cette façon, il vaudrait mieux fermer la porte, il y en a d’autre et plus tard nous verrons, de cette façon ils seraient obligés de donner la allocation.

Ma chère Marguerite prends du monde en conséquence ce sera préférable les gens à qui je dois de l’argent attendront et s’ils ne veulent pas ils attendront tout de même ils ne peuvent rien faire en ce moment ci, ça sera plus avantageux pour nous si tu conserverais ta santé, qui est plus intéressante que tout le reste, soigne toi bien et j’espère que la présente te trouvera en meilleure santé et surtout je te le répète soigne toi bien, ce sera notre fortune à tous.

Ma chère Marguerite comme je t’ai déjà dit j’ai reçu les 2 colis que tu m’annonces sur ta lettre du 7 D. Je dois le savoir maintenant. Boissé est venu te demander de l’argent tu lui donneras des acomptes quand tu pourras, il sera bien obligé d’attendre comme les autres. Tu n’as pas te tourmenter pour la fin de l’année, à ceux que tu pourras pas donner d’argent ils peuvent rien te faire. Tu vas peut être toucher si il faut écrire au ministre on lui écrira ça ne coûte pas beaucoup.

J’ai reçu tes 5f du 5 Dec. je te remercie au sujet de l’avoine Marcel doit m’en devoir environ 10 sacs je me rappelle plus exactement le nombre de kilos, il l’a sur son petit carnet moi je n’ai pas pris le double, c’est un (…)

Je pense qu’il te donnera ce qu’il doit il me sembles que je lui ai payé sa paille mais je dois lui devoir le battage il te le dira. Pour les chaussures que tu me parles je ne mets pas les miennes j’ai touché dernièrement une bonne paire de godillots avec ça je suis solide pour le moment. Pour Robin je ne sais où il est maintenant.

Ici nous sommes dans une triste campagne depuis 4 jours, nous faisons les bûcherons nous abattons des sapins pour faire un chemin nous pouvons entrer à la ferme et j’avais par endroit plus d’un mètre de boue. Ils voudraient faire entrer les autos à la ferme mais le chemin sera pas fini que nous serons obligés de partir, nous sommes dans un grand grenier, on est assez bien couchés, moi pour l’instant la santé est bonne. Je serai heureux de te savoir de même aussi j’attendrai ta prochaine avec impatience.

Ma chère Marguerite je te remercie de la pensée que tu m’as envoyée, mais figures toi quand j’ai décacheté la lettre à Léon je vois cette pensée, je l’ai laissée tomber par terre, c’est après avoir relu la lettre que j’ai vu que c’était toi qui me l’envoyait, que je l’ai ramassée et mise dans la poche de mon gilet. Tu parles d’un triste citoyen, si j’étais là-bas, je crois que je serais beaucoup moins patient que j’étais, il ne resterait certainement pas 24 heures avec moi je te le jure. C’est-il malheureux pour la vache à Brianne naturellement que Duchène l’aurait achetée comme il aurait voulu, c’est malheureux de voir cela. Aussitôt le colis que tu m’envoyais sera rendu je te le ferais savoir.

Ma chère Marguerite je termine en te souhaitant meilleure santé et en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les petites filles.

Ton mari qui t’aime de tout son cœur

 

E. Vallet

 

Embrasse tes parents pour moi

Je termine (…)

De tes nouvelles

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