29 octobre 1914

Publié le par Alain

Poperinge le 29 octobre 1914

 

Ma chère Marguerite

 

Je viens de recevoir 2 lettres une du 16 et l’autre du 18 et en même temps les 3 colis, avec tout ce que tu m’as annoncé, sur mon avant dernière lettre je t’avais défendu de me mettre du tabac, ici il vaut 1f la livre, enfin puisque je l’ai, je ne veut pas le renvoyer, tu aurais bien fait de me mettre mon rasoir et une glace, ça me servirai.

Je n’ai pas reçu le colis envoyé par le chemin de fer, les 3 petits par la poste je te le répète il y a tout le contenu que tu m’as annoncé il y a que le saucisson qui est un peu moisi, on peut le manger tout de même, une autre fois n’envoie pas de charcuterie.

Tu me demandes ce que je t’ai dit 20 fois, je trouve très étonnant que tu ne reçoive pas mes lettres mieux cela. Je t’écris presque tous les jours en ce moment ci tous les jours, ici nous sommes très bien couchés nous sommes dans une très grand remise, nous avons pas beaucoup de paille mais moi comme je te l’ai déjà dit j’ai 2 couvertures et un tapis de table, je n’ai pas froid. Nous y sommes habitués maintenant c’est une habitude on se fait à tout et quand même il le faut. Tu me demandes si nous cantonnons dans un bourg ou en campagne nous restons toujours dans le pays ou à l’entrée.

Tu me demandes si j’ai reçu les photos, voilà au moins 20 lettres que je t’envoie depuis l’arrivée des photos. Je t’ai écrit aussitôt que je les ai reçues et je les ai reçues à Juvigny.

J’ai peut être passé à coté du fils Defontenaille et à coté de beaucoup d’autres.

Ne m’envoie pas de bonnet de coton je n’en veux pas j’ai un bonnet de police qui me sert la nuit, c’est encore préférable.

Je ns sais pas si nous resterons longtemps ici, nous sommes pas mal. Le plus embêtant c’est que nous sommes obligés de tuer dehors. Il n’y fait pas toujours très chaud. En même temps de tes deux lettres j’en ai reçu 2 de Léon une très gentille mais l’autre tout le contraire, je te la mets tu vas voir.

Oui je pense que tu ne dois pas toujours être heureuse avec un citoyen comme cela, cependant je lui écris de temps en temps et je tâche de le calmer. Je lui dis que j’ai des souvenirs pour lui et que je le récompense à mon arrivée, je lui dis que tu as beaucoup de travail et que je pense qu’il doit se faire un plaisir pour te rendre service. Je me représente bien tout ce qui se passe, c’est bien malheureux pour toi et encore plus pour moi.

Quand est la fin de cette triste campagne.

J’ai appris une nouvelle que je ne veux pas te dire et encore si je te le dis, mais ce n’est pas officiel, soit disant qu’ils remplaceraient tous les sectionnaires qui n’ont pas fait le congé à la section par des bouchers territoriaux et qu’ils nous enverraient sur les lignes de feu pour compléter les effectifs, maintenant moi je ne tourmente pas avant qu’il ne soit temps, surtout que ce n’est pas officiel.

Ma chère Marguerite, je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les petites qui je pense sont bonne santé et tes parents aussi.

Bonne santé à tous

E. Vallet

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Publié dans blogduboucher

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