30 mai 1915
La Bussière 30 mai 1915
Ma chère Marguerite
Je cette lettre par la poste car nous devons partir demain à 4 h matin alors les lettres ne partiront pas avant 4 jours d’ici, je ne sais pas où nous allons aussitôt que je serais arrivé et que je pourrais te le faire savoir je le ferai, tu me diras si tu as bien reçu cette lettre alors arriver là bas aussitôt reçu la réponse de celle ci je t’en enverrais une par la poste civile, je suis en bonne santé et j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même. Je fais réponse à ta lettre du 24 et à celle du 27 elle n’ont mis que 4 jours mais je n’ai jamais reçu celle du 16 je n’y compte plus guère maintenant comme je t’ai déjà dit j’ai reçu tes 5 francs du 23 dans le colis en effet j’avais oublié de te dire que j’avais reçu le briquet hier j’ai reçu un colis contenant la brioche qui ma fois était excellente une petite bouteille d’eau de Cologne et une d’alcool de menthe je te remercie beaucoup aussi l’autre colis reçu je te le ferait savoir. Tu me demandes l’emploi du temps tous les jours en ce moment ci le matin réveil à 4 h abattage de 150 moutons tous les jours. En 25 bonhomme j’y vais tous les matins à 7h c’est fini ensuite la salaison des peaux le nettoyage de l’emplacement le tout fini il est 9 heures
Après nous allons manger et à 10h½ aux autobus pour aller chercher environ 2000kg de viande congelée et des conserves nous allons à Calonne à 20k d’ici nous ne sommes que 3 équipes et nous y allons tous les jours nous rentrons vers 3h ½ à 4h ½, en arrivant nous mangeons et c’est fini pour nous jusqu’au lendemain matin. Les autres après avoir manger s’en vont à l’abattoir tuer une trentaine de boeufs, et tous les jours la même chose à la gare de Calonne
Je vois tous les jours Pontoise et Berteau qui viennent au ravitaillement ils viennent chercher de la paille et de l’avoine Je te garantis qu’ils en ont plein le dos aussi enfin espérons que la fin est proche.
Vivement le retour comme tu dis il faudra bien faire attention à toi car dehors si longtemps il y aura de quoi faire mais nous ferons attention je l’espère.
Ma chère Marguerite en attendant ce jour désiré Je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants et tes parents
Ton mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
A demain le plaisir de te lire
On m’a donnée recette pour la conservation de l’oseille et du persil chose qui nous servira je l’espère si tu as le temps tu le feras Je t’embrasse