05 juin 1915

Publié le par Alain

Samedi le 5 juin 1915

Partira le 6

 

Ma chère Marguerite

 

Je viens de recevoir ta lettre du 2 et je fais réponse immédiatement. Je m'aperçois que tu as beaucoup de lettres à recevoir car depuis le 25 je t'ai écrit en partie tous les jours. Tu vois ta lettre est partie au 2, elle n'a mis que 3 jours à venir. Je voudrais bien que tu reçoives les miennes dans les mêmes conditions, mais c'est loin d'être pareil ; enfin, j'espère que tu les recevras tous de même. Je suis toujours très heureux de vous savoir en bonne santé, moi ça va bien aussi. Comme je te l'ai peut-être dit 4 ou 5 fois, j'ai reçu le mandat et les 2 colis. Il y a toujours que cette fameuse lettre du 16 que je n'ai jamais reçue : je pense maintenant qu'elle est perdue, je n'y compte plus.

Tu me demandes à ce que je te parle de la guerre. Ecoute, vous en savez aussi long que nous et même plus ; certainement que les opérations vont bien, mais ça ne va pas vite. Ils s'y plaisent dans leurs tranchées, ce n'est pas facile de leur en faire sortir, cependant nous ne ménageons pas les obus, mais nous ne voyons pas souvent la rentrée à Berlin (?).

Nous voilà maintenant sur le 11 mois, il faut compter un an sinon plus.

Voilà longtemps que nous attendons ce jour-là, cependant ça serait avec grand cœur et grande joie de retourner joindre sa famille. Il nous faut attendre.

Je pense que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé ; en attendant le plaisir de te lire, je termine en t'embrassant ainsi que les enfants mille fois de tout mon cœur.

Ton mari pour la vie

E. Vallet

 

Embrasse bien tes parents pour moi, ainsi que la grand-mère Rousseau.

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