19 juin 1915
Le 19 juin 1915
Ma chère Margot,
Plus heureux d'apprendre que tu as reçu des nouvelles plus fraîches. La santé est bien bonne et je pense que cette lettre vous trouvera tous de même. Pour les bandes que je t'ai réclamées, en effet comme tu as compris, droites au lieu d'être cintrées, ce qui sera plus facile à faire et j'aime autant maintenant les border comme mes bandes cintrées, c'est-à-dire de chaque côté et d'un bout à l'autre passer du fil de façon à tenir les bords. Maintenant il faut qu'elles soient plus longues que les bandes cintrées ; vous devez le savoir, car elles ne se mettent pas de la même façon.
Je fais réponse à ta lettre du 15, je suis très content je reçois tous les jours. J'espère recevoir ce soir, pour mettre je m'arrange de manière à les prendre moi-même, maintenant pour celle du 16 du mois dernier, je ne crois pas qu'elle soit venue jusqu'au parc à bétail : elle a du être perdue dans le trajet.
Ma chère Margot, tu me demandes au sujet de ce qui se passe : il m'est impossible de rien dire car dernièrement nous avons eu une note très sévère à ce sujet-là. Celui qui sera pris sera puni très sévèrement. Sur les journaux vous êtes à peu près renseignés sur ce qui se passe, alors il vaut mieux se contenter de cela que moi subir une forte sanction qui certainement serait sévère. Tu me dis que nous nous contenterions d'une tente pour pouvoir être un moment heureux ; en effet depuis 11 mois d'absence, ça serait un grand bien, et un grand soulagement, mais voilà il ne faut pas y penser. Nous avons été 11 mois et nous serons encore 9 mois s'il faut, et conserver notre santé. Après si j'ai la chance de revenir nous rattraperons le temps perdu, tu verras cela, ce jour sera aussi beau que le jour de Noce, ma chère Margot. Comme tu dis, pour l'instant il faut se contenter d'une modeste lettre qui nous rend le plus heureux en ce moment-ci. Enfin espérons plus tard avoir des jours meilleurs.
Ma chère Margot, en attendant le plaisir de te lire, je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur, ainsi que les enfants.
Ton petit mari qui t'aime pour la vie.
E. Vallet