20 juin 1915

Publié le par Alain

Le 20 juin 1915

 

Ma chère Margot,

 

Je viens de recevoir à l'instant ta lettre du 16 et je m'empresse immédiatement à te faire réponse. Je reçois tous les jours et je t'écris exactement tous les jours ; tu devrais recevoir tous les jours aussi. En même temps que ta lettre j'ai reçu un colis contenant une boîte de petits pois, 2 artichauts que tu ne m'as pas annoncés, un bâton de chocolat et un papier à cigarettes, mais il n'y avait pas de savon, c'est-il que tu l'auras oublié, ou alors que tu penses l'envoyer avec les bandes. Enfin je te remercie bien des fois de ce colis. Tu me parles que Léon va certainement demander à augmenter : il m’écrit avant-hier, il ne m'en a pas parlé; il n'a simplement que des réflexions bêtes qui n'ont ni queue ni tête : tu vas voir je vais te mettre sa lettre. S'il m'en parle je lui dirai qu'il s'arrange avec toi. Je m'aperçois que la vente n'est pas bien forte, enfin ça fait rien, j'espère que plus tard la vente deviendra meilleure. Pour Adolphine, c'est probablement (…), j'ai peut-être mal compris, il ne faut pas lui en parler, si en tout cas elle s'y trouve, certainement qu'elle nous le fera bien savoir.

Je suis très heureux que tu me dises que Suzanne me ressemble, c'est ce qui fait voir qui probablement doit être son Papa. Maintenant voyons Henriette, tu dis qu'elle ne me ressemble pas, c'est peut-être pas moi le Papa ! Qu’en penses-tu ? : ……Dis-moi cela. S'il y en avait un autre maintenant me ressemblerait-il ? Je veux dire depuis que je suis parti. Réponse encore : …….

Il ne faut pas toujours être triste. Il faut toujours causer de choses et d'autres. Enfin je suis très content et très heureux de mes deux petites filles soient très gentilles et très mignonnes à leur Maman. Maintenant le troisième ça ne serait plus la même chose. Qu'en penses-tu ? : ……..

Ma chère Margot, en attendant demain avec impatience l'arrivée du vaguemestre et le plaisir de te lire, je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.

 

Ton petit mari qui t'aime pour la vie.

E. Vallet

 

Embrasse bien tes parents pour moi.

Je suis très heureux de savoir que le Papa Vincent va bien mieux.

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